Première dame nue sur un sac: Carla Bruni obtient 40'000 euros de la société Pardon
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Première dame nue sur un sacCarla Bruni obtient 40'000 euros de la société Pardon

Le tribunal de grande instance de Saint-Denis-de-la-Réunion a condamné jeudi la société Pardon à verser 40'000 euros (près de 62'000 francs suisses) de dommages et intérêts à Carla Bruni-Sarkozy pour la diffusion d'un sac sur lequel était reproduite une photo la montrant dénudée.

La 1re chambre civile du tribunal a considéré que l'entreprise «ne justifie, ni même invoque le bénéfice d'une autorisation de Mme Carla Bruni pour l'utilisation de son image dans le cadre d'une opération publicitaire».

Le juge des référés, Pierre Lavigne, a ordonné «l'interdiction de diffuser directement ou indirectement le sac litigieux» tout en relevant que la société Pardon s'était «engagée à interrompre la diffusion et à détruire» les sacs en question.

Lors de l'audience lundi, le gérant de Pardon, Peter Mertès, avait indiqué au tribunal qu'il allait «brûler» tous les sacs.

Le patron de Pardon a aussi jugé le montant des dommages et intérêts «énorme». «C'est trop lourd payé pour une bêtise», a-t-il dit à des journalistes.

La société Pardon avait sorti début décembre 10.000 «shopping sacs» reproduisant une célèbre photo de Carla Bruni datant de 1993 où elle apparaît nue, réalisée dans le cadre d'une campagne contre le sida.

L'image était assortie d'une bulle faisant dire à l'épouse du président de la République: «Mon mec aurait dû m'acheter du Pardon».

Carla Bruni avait déposé plainte pour atteinte au droit à l'image et réclamé 125.000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral et patrimonial. Les sommes perçues seront versées à des associations caritatives.

La société condamnée devra en outre payer 3.000 euros à l'épouse du chef de l'Etat pour les frais de justice.

Lors de l'audience, l'avocat de Pardon, Me Hoarau, avait estimé qu'il s'agissait d'une reproduction «non servile» mais «artistique» de la photo incriminée et que celle-ci avait été «retouchée».

Carla Bruni, avaient plaidé ses avocats Mes Le Fur et Akhoun, «ne veut pas permettre qu'une action militante soit détournée de son but et devienne le vecteur d'une opération commerciale».

Me Akhoun, «totalement satisfait» de la décision, a souhaité qu'elle puisse «dissuader quiconque de se lancer dans une telle opération».

En février, Carla Bruni avait obtenu 60.000 euros de la compagnie aérienne Ryanair pour une photo diffusée dans une publicité. L'argent avait été versé aux Restos du coeur.

La société Pardon, spécialisée dans les articles de plage, a défrayé la chronique plusieurs fois dans le passé, dans l'île, pour avoir notamment vendu des strings décorés de l'image de la vierge Marie.

(afp)

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