Genève: Carlos Medeiros ne sera pas sanctionné par l'Etat

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GenèveCarlos Medeiros ne sera pas sanctionné par l'Etat

Des élus s'étaient plaints de propos du président MCG du Conseil municipal de la Ville sur les réseaux sociaux. Le Canton s'estime incompétent en la matière. La gauche n'abandonne pas.

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photo: Keystone/Martial Trezzini

Carlos Medeiros avait appelé à «descendre dans la rue, les armes à la main», à la suite des déprédations commises notamment au Grand Théâtre lors d'une violente manifestation, le 19 décembre dernier. Les déclarations du bouillant politicien MCG sur les réseaux sociaux, suivis d'insultes de sa part notamment envers le socialiste Sylvain Thévoz, avaient suscité la polémique. Plusieurs élus s'étaient plaints auprès de l'Etat. Ce lundi, celui-ci indique cependant que l'autorité de surveillance des communes ne dispose pas de compétences disciplinaires pour sanctionner les membres d'un Conseil municipal: «La loi sur l'administration des communes limite en effet celle-ci aux seuls Exécutifs communaux.»

«Préjudice pour les institutions»

En appelant à prendre les armes, le président du Conseil municipal de la Ville de Genève et député «peut-il ainsi afficher sa défiance envers l'Etat de droit?» avaient demandé des élus municipaux et cantonaux. Si la loi joue en faveur de Carlos Medeiros, le président du gouvernement genevois François Longchamp déplore cependant que, de manière générale, «trop souvent, la forme du débat politique ne reflète pas le respect et la considération qui s'imposent dans les relations entre les uns et les autres, voire tombe dans la vulgarité. De tels échanges portent préjudice à la réputation de nos institutions et de l'ensemble des élus.» L'Etat a attiré l'attention du président du Conseil municipal sur «l'importance de la retenue qu'impose la dignité de la fonction».

Sphère privée

De son côté, Carlos Medeiros, plusieurs fois montré du doigt par le passé pour des propos jugés outranciers, irrespectueux ou menaçants, estime que ses écrits sur les réseaux sociaux relèvent strictement de la sphère privée. «On veut m'envoyer au bûcher, mais je ne suis pas la Jeanne d'Arc genevoise!» s'exclame le premier citoyen de la Ville. Selon lui, sa charge de président du Conseil municipal est «honorifique» et, contrairement aux élus dans les exécutifs, il ne s'estime pas tenu d'assumer son rôle politique 24 heures sur 24.

La gauche pourrait déposer mardi une résolution qui demande la démission de Carlos Medeiros de son poste de président s'il ne s'excuse pas. «C'est exclu», répond l'intéressé. PLR et PDC n'ont pas encore officiellement décidé s'ils signeraient cette résolution. Mais ils ne devraient pas le faire. Si les deux partis de droite devaient tout de même parapher le texte, «cela pourrait compromettre les accords passés avec eux», avertit Pascal Spuhler. Pour le chef de groupe du MCG au Conseil Municipal, «on a fait de rien une affaire d'état».

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