Actualisé 23.09.2018 à 00:33

IranCarnage contre un défilé militaire en Iran

Un «attentat terroriste» a été perpétré samedi matin contre un défilé militaire dans la ville d'Ahvaz, dans le sud-ouest de l'Iran.

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Les gardiens de la révolution iraniens ont annoncé mardi que le cerveau de l'attentat avait été éliminé en Irak. L'homme, identifié comme Abou Zahi, était un «émir» du groupe État islamique dans la province de Diyalah. (Mercredi 17 octobre 2018)

Les gardiens de la révolution iraniens ont annoncé mardi que le cerveau de l'attentat avait été éliminé en Irak. L'homme, identifié comme Abou Zahi, était un «émir» du groupe État islamique dans la province de Diyalah. (Mercredi 17 octobre 2018)

AFP
L'Arabie saoudite rejette totalement les accusations «lamentables» de Téhéran selon lesquelles le royaume est impliqué dans l'attaque contre un défilé militaire en Iran. (Mardi 25 septembre 2018)

L'Arabie saoudite rejette totalement les accusations «lamentables» de Téhéran selon lesquelles le royaume est impliqué dans l'attaque contre un défilé militaire en Iran. (Mardi 25 septembre 2018)

AFP
Des milliers de personnes se sont réunies lundi matin à Ahvaz pour les funérailles des victimes de l'attentat perpétré samedi dans cette ville du sud-ouest de l'Iran. (24 septembre 2018)

Des milliers de personnes se sont réunies lundi matin à Ahvaz pour les funérailles des victimes de l'attentat perpétré samedi dans cette ville du sud-ouest de l'Iran. (24 septembre 2018)

AFP

Un commando armé a ouvert le feu samedi matin sur un défilé militaire à Ahvaz dans le sud-ouest de l'Iran. L'attentat a fait 29 morts et près de 60 blessés. Les quatre auteurs de l'attaque, revendiquée par deux organisations dont l'Etat islamique (EI), ont été abattus.

«Jusqu'à présent, cet attentat terroriste a fait 29 martyrs et 57 blessés», a annoncé al-Alam, la télévision officielle en langue arabe en citant le député Mojtaba Zolnouri, membre de la Commission parlementaire de la Sécurité nationale et des affaires étrangères.

Un mouvement iranien arabe d'opposition, appelé Résistance nationale Ahvaz, a revendiqué l'attentat, tout comme le groupe djihadiste EI. Mais ni l'un ni l'autre n'ont fourni d'éléments de preuve à l'appui. Ahvaz est la capitale de la province du Khouzistan, où des troubles émanant de la minorité arabe sont signalés de manière sporadique.

Près de la moitié des tués étaient des membres des Gardiens de la Révolution, et cette attaque est l'une des plus meurtrières à avoir visé cette unité d'élite, fer de lance de la révolution islamique iranienne. Le défilé militaire s'inscrivait dans le cadre d'une cérémonie de commémoration du début de la guerre contre l'Irak (1980-1988).

Selon plusieurs médias iraniens, les assaillants étaient vêtus de treillis militaires. Selon la télévision d'Etat, les assaillants ont ouvert le feu sur la tribune des officiels venus assister au défilé. Des femmes et des enfants ont également été tués. Quant aux quatre assaillants, ils ont été abattus.

Accusations tous azimuts

La télévision iranienne a imputé l'attaque à des «éléments takfiri», allusion à des islamistes sunnites. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohamad Javad Zarif, a déclaré qu'elle avait été commise par les agents d'un «régime étranger».

«Des terroristes recrutés, formés, armés et payés par un régime étranger ont attaqué Ahvaz», écrit-il sur son compte Twitter. «L'Iran tient les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains pour responsables de ce genre d'attaque», ajoute-t-il.

D'après l'agence Irna, les ambassadeurs des Pays-Bas, du Danemark et de la Grande-Bretagne en Iran ont été convoqués en pleine nuit samedi au ministère iranien des affaires étrangères, parce que leurs pays abritent, selon les autorités iraniennes, des opposants en exil.

«Il n'est pas acceptable que ces groupes ne soient pas recensés comme des organisations terroristes par l'Union européenne tant qu'ils n'ont pas commis d'attaques terroristes en Europe», a dit un porte-parole du ministère des affaires étrangères, cité par Irna.

«La réponse de la République islamique à la moindre menace sera terrible», a déclaré le président iranien Hassan Rohani, selon un communiqué publié sur son site internet officiel. «Ceux qui fournissent un soutien en matière de renseignement et de propagande à ces terroristes devront en répondre», ajoute le communiqué.

Selon un porte-parole de l'armée iranienne, le général Abolfazl Shekarchi, cité par l'agence Irna, les auteurs de l'attaque ont été entraînés dans deux Etats arabes du golfe Persique. Ils n'appartenaient pas à l'EI, mais étaient liés à Israël et aux Etats-Unis, a-t-il ajouté. Un porte-parole des gardiens de la révolution cité par l'agence Isna, a imputé, quant à lui, l'attaque à des nationalistes arabes qui, a-t-il dit, sont soutenus par l'Arabie saoudite.

Les condoléances de Poutine

Des images de l'attaque ont été diffusées par les médias iraniens. On y voit des soldats ramper au sol tandis que des coups de feu sont tirés dans leur direction. Ce bain de sang porte un coup à la sécurité de l'Iran, pays relativement stable par comparaison avec les pays arabes du voisinage, confrontés depuis le «printemps arabe» de 2011 à des turbulences voire à des conflits civils.

L'an dernier, cependant, 18 personnes avaient été tuées au parlement iranien et au mausolée de l'ayatollah Khomeini, le fondateur et premier guide suprême de la révolution iranienne. Il s'agissait de la première attaque meurtrière à Téhéran à être revendiquée par l'EI. Et en juillet, des insurgés kurdes ont tué dix gardiens de la révolution lors d'une attaque contre un de leurs postes à la frontière irano-irakienne, selon l'agence de presse iranienne Tasnim.

Premier chef d'Etat étranger à réagir à l'attaque, le président russe Vladimir Poutine s'est dit «horrifié» par l'attaque et a présenté ses condoléances à son homologue iranien. «Cet événement nous rappelle la nécessité d'une bataille sans compromis contre le terrorisme sous toutes ses formes», a-t-il dit, selon le Kremlin. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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