Hong Kong – Carrie Lam s’en va: «Je dois faire passer ma famille en premier»
Publié

Hong KongCarrie Lam s’en va: «Je dois faire passer ma famille en premier»

La cheffe de l’exécutif de Hong Kong a annoncé lundi qu’elle se retirerait en juin, après un mandat marqué par d’immenses manifestations pro- démocratie et la pandémie.

La dirigeante de 64 ans laisse derrière elle un bilan qui divise la ville.

La dirigeante de 64 ans laisse derrière elle un bilan qui divise la ville.

AFP

Carrie Lam ne briguera pas de deuxième mandat en mai, lors de la désignation par un comité restreint du prochain dirigeant de la ville. «Je vais achever mon mandat de cinq ans en tant que cheffe de l’exécutif le 30 juin et finir officiellement ma carrière de 42 ans dans le gouvernement», a-t-elle annoncé à la presse. La dirigeante a assuré que les dirigeants de Pékin, qu’elle a avertis de ses intentions en mars 2021, «ont compris et respecté» son choix.

Lam, 64 ans, a justifié son choix par «des considérations familiales». «Je dois faire passer les membres de ma famille en premier, et ils estiment qu’il est temps pour moi de rentrer chez moi», a-t-elle déclaré. Après une carrière de fonctionnaire, Lam était devenue en 2017 la première femme à diriger Hong Kong.

Qui pour lui succéder?

Le poste de chef de l’exécutif ne résulte pas d’une élection directe, ce qui était l’une des principales revendications du camp démocrate, désormais réduit au silence. C’est un comité de 1500 personnes, toutes acquises au régime chinois, qui désigne le dirigeant. Ce collège électoral représente 0,02% d’une population de 7,4 millions d’habitants.

Les pronostics pour qui sera le prochain dirigeant du territoire, troisième place financière mondiale, sont incertains. Le nouveau chef de l’exécutif sera choisi le 8 mai, mais pour l’heure, aucune candidature réaliste ne s’est dévoilée. L’actuel numéro deux de Hong Kong, John Lee, un ancien des services de sécurité, a été présenté par la presse locale comme un candidat probable. Autre prétendant potentiel: le ministre des Finances Paul Chan. Le prochain dirigeant prendra ses fonctions le 1er juillet, jour du 25e anniversaire de la rétrocession à la Chine de l’ancienne colonie britannique.

Sanctionnée par Washington

La dirigeante sortante a aussi remercié Pékin pour son soutien et sa confiance, rappelant que son mandat avait été marqué par «une pression sans précédent» avec les manifestations de 2019 et la pandémie de Covid-19. Son bilan divise la ville. Ses soutiens la considèrent comme une loyaliste inflexible à Pékin qui a su tenir le cap lors des manifestations de 2019 et lors de la pandémie.

Ses contempteurs, dont de nombreux pays occidentaux, la perçoivent comme celle qui a supervisé l’effondrement des libertés politiques de Hong Kong et de sa réputation de centre d’affaires régional stable. Après les immenses et parfois violentes manifestations de 2019, le gouvernement central chinois a organisé une vaste répression dans la ville afin d’y imprimer sa marque autoritaire.

Carrie Lam est la première dirigeante de Hong Kong à être sanctionnée par les États-Unis en raison de son soutien à cette répression, qui a conduit à l’emprisonnement ou l’exil des principaux militants pro-démocratie. Son gouvernement a également suivi le modèle chinois du «zéro Covid», en mettant en œuvre certaines des mesures anti-coronavirus les plus strictes au monde.

(AFP)

Ton opinion

10 commentaires