24.03.2019 à 22:52

LausanneCarte prépayée ou SMS: la prune est à deux vitesses

Pour les clients TL, la fraude n'est pas avérée au même moment selon le moyen de paiement choisi.

par
Francesco Brienza
Les voyageurs ne peuvent valider leur billet quà bord des bus.

Les voyageurs ne peuvent valider leur billet quà bord des bus.

Archives 24 heures | Patrick Martin

Piquer un sprint pour attraper le bus et prendre un ticket sur son natel dans la foulée peut coûter cher. Car la politique des Transports publics lausannois (TL) est claire: comme pour les CFF, «le billet doit être reçu avant de monter dans le véhicule». Un client en a fait l'expérience cet automne: «J'ai été collé alors que j'avais pris mon ticket SMS à bord, en toute bonne foi, une bonne minute avant d'apercevoir les agents. Ils n'ont rien voulu savoir. Avec une carte prépayée, ça se serait passé autrement.»

Cette politique a pour but de sanctionner les resquilleurs qui achètent leur titre de transport à la vue des contrôleurs. Mais il existe une faille. La carte prépayée, vendue en kiosque, oblige les voyageurs à valider leur billet sur une borne qui se trouve à l'intérieur des véhicules. Aux haltes, les automates n'ont pas le lecteur nécessaire (lire ci-dessus). Porte-parole de la société, Alexandra Gindroz précise toutefois que «les clients doivent valider la carte immédiatement en montant». Une notion ambiguë, surtout si le bus est bondé.

Invités à s'exprimer sur la question de l'inégalité de traitement, les TL se disent «conscients de cette différence». Mais selon eux, les appareils des contrôleurs, synchronisés à la seconde juste avant de monter dans les bus, garantissent l'équité entre tous les clients. Ils ajoutent que le personnel a «une marge de manœuvre pour ne pas dresser de constat», basée notamment sur la bonne foi des voyageurs. En dernier recours, c'est le Bureau des infractions qui peut être amené à trancher les litiges.

Lifting abandonné

Au début du mois, les TL ont indiqué qu'ils ne renouvelleraient pas leurs 670 distributeurs de tickets. Devisé à 11 millions de francs, le projet devait permettre de corriger des défauts et d'équiper les appareils d'un lecteur de cartes sans contact. La décision a été reconsidérée. Aujourd'hui, moins d'un billet sur deux est vendu via un automate. La tendance vers les billets électroniques est claire. L'exception de la carte prépayée validée à bord a donc encore de beaux jours devant elle.

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