Ligues juniors : Carton rouge pour les parents trop envahissants
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Ligues juniors Carton rouge pour les parents trop envahissants

L'association de football de Suisse centrale en a marre des parents au comportement inadéquat pendant les matches. Les spectateurs doivent désormais rester au minimum à 3 mètres du terrain.

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Philipp Zurfluh/ofu

Des parents s'excitent et vont même jusqu'à insulter les juniors de l'équipe adverse. A en croire l'association de football de Suisse centrale (IFV), ces scènes sont régulièrement observées lors de matches en ligue junior. En juin dernier à Lucerne, un père n'a pas hésité à frapper au visage un entraîneur parce que celui-ci n'avait pas fait jouer son fils.

Pour mettre un terme à ces comportements «inacceptables», l'IFV a lancé une campagne pour la saison 2015/2016. Elle vise particulièrement les parents des juniors E à G, soit des jeunes ayant principalement entre 6 et 10 ans. Concrètement, les parents sont priés de rester au minimum à 3 mètres de distance du bord du terrain. Si la disposition du terrain ne permet pas de respecter cette distance, les spectateurs sont alors priés de s'installer derrière les buts.

Contrôles sporadiques prévus

«Un grand nombre de parents et de spectateurs ne comprennent pas la différence entre un bon et un mauvais encouragement», explique Urs Dickerhof, président de l'IFV. Selon lui, la mesure est censée contribuer au bien-être des jeunes qui jouent. «Nous voulons réduire l'influence des parents sur leurs enfants et le match en cours.» Urs Dickerhof note cependant que l'association ne prévoit pas d'interdire aux parents d'assister aux matches de leurs petits. «De toute manière, nous ne disposons pas des compétences nécessaires pour le faire», précise-t-il. Le président ajoute que des contrôles sporadiques lors de matches opposants des clubs de Suisse centrale sont envisageables.

Les clubs juniors du canton de Zurich ont eux aussi introduit un règlement similaire à celui du canton Lucerne. Lors des rencontres en ligue E, les parents doivent rester à 5 mètres du terrain.

Les jeunes doivent avoir «du plaisir»

Contactée par nos collègues de «20 Minuten», l'association suisse de football confirme qu'elle est confrontée au même type de problème. Elle a d'ailleurs conseillée aux différents clubs régionaux de s'activer. «Ce n'est pas utile pour les juniors si leurs parents sont trop proches du terrain pendant le match», affirme le porte-parole Marco von Ah.

«Il est évident que nous souhaitons que les parents continuent à encourager leurs enfants, mais ils doivent observer une distance physique et émotionnelle. Nous voulons que les jeunes aient du plaisir à jouer au football», explique Marco von Ah. L'association suisse de football soutient la campagne de l'IFV. Selon elle, plusieurs clubs régionaux ont affirmé qu'ils allaient appliquer les mêmes mesures qu'en Suisse orientale.

«Nous voulons éviter qu'ils interviennent dans le jeu»

A Genève, aucune mesure formelle n'a été prise par rapport à la problématique relevée par l'association de football de Suisse centrale. «Ce printemps, nous avons organisé quatre tournois de juniors F de manière à ce que les parents ne soient pas directement au bord du terrain. Ensuite, tout dépend des stades. Tous ne permettent pas, par exemple, de mettre deux terrains côte-à-côte, ce qui interdit l'accès d'un côté aux parents», note cependant Pascal Chobaz, président de l'association cantonale genevoise de football.

«L'idée, ce n'est bien sûr pas de les empêcher de venir soutenir leur enfant, fille ou garçon. Nous sommes ravis qu'ils s'intéressent. Ce que nous cherchons à éviter, c'est qu'ils interviennent dans le jeu, qu'ils courent à côté de leur enfant, qu'ils donnent des directives depuis derrière les buts», explique-t-il.

«Ce problème existe depuis longtemps»

Et d'ajouter: «Aucune directive n'a été délivrée au niveau national, mais la problématique est en discussion. Il y a eu des problèmes dans d'autres cantons. Des comportements interventionnistes, excessifs, existent bien sûr aussi à Genève, mais nous n'avons eu à déplorer aucun incident majeur.»

Même son de cloche auprès de Gérard Vontobel, président de l'association vaudoise de football: «Ça fait longtemps que ce problème existe. Nous le répétons chaque année aux clubs.» Gérard Vontobel donne l'exemple d'un arbitre qui a été forcé d'interrompre un match et de convoquer les parents des jeunes joueurs. Il avait menacé d'interrompre définitivement le jeu si les parents ne se comportaient pas mieux.

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