Genève - Cas de harcèlement et de racisme dénoncés chez Patek Philippe
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GenèveCas de harcèlement et de racisme dénoncés chez Patek Philippe

Plusieurs personnes ont relaté mardi des situations qui ont ensuite empiré lorsqu’elles les ont signalées en haut lieu. L’inspection du travail a été saisie.

Des salariés de la prestigieuse marque horlogère affirment avoir n’avoir pas été écoutés lorsqu’ils ont dénoncé des situations parfois «invivables».

Des salariés de la prestigieuse marque horlogère affirment avoir n’avoir pas été écoutés lorsqu’ils ont dénoncé des situations parfois «invivables».

Archives / TdG

Subir des pressions psychologiques sur son lieu de travail n’est déjà pas acceptable. Mais lorsqu’elles sont suivies d’une mise à l’écart, voire d’un licenciement, quand elles sont dénoncées, un recours à une intervention extérieure semble s’imposer. C’est ce qu’a fait le syndicat Unia, alerté par plusieurs collaborateurs de la prestigieuse marque horlogère Patek Philippe, à Genève. Mardi, sept d’entre eux ont raconté ce qu’ils avaient vécu devant la presse.

Une salariée a ainsi témoigné avoir subi du mobbing et avoir dû être hospitalisée, tant «la situation était devenue invivable». Son responsable, qui avait alerté la hiérarchie, dit n’avoir rien vu changer à l’égard de sa collègue. Lui, en revanche, a d’abord été déplacé, avant d’être licencié. Un autre a dit s’être aperçu qu’aucune mesure n’était prise pour protéger les employés soumis à du harcèlement, au stress et à diverses pressions, quand bien même les entités censées gérer ce genre de situations, comme les ressources humaines ou la commission du personnel, avaient été alertées.

«Par crainte, je ne dis plus rien»

Il a donc choisi de rentrer dans le rang: «A Patek, il faut juste courber l’échine, travailler et surtout ne rien dire. J’ai décidé d’essayer de garder ma place, et par crainte de représailles, je ne dis plus rien», a-t-il expliqué, cité dans un communiqué du syndicat Unia. Trois femmes affirment de leur côté avoir été «licenciées pour l’exemple» après s’est rebiffées contre les méthodes qu’elles jugeaient inadéquates.

Enfin, un collaborateur qui avait dénoncé le racisme dont il était victime a été mis à l’écart puis averti, à l’instar de ceux qui l’insultaient, dans le cadre d’une remise à l’ordre collective. Il a lui aussi fini par être licencié.

Unia a donc alerté l’Office cantonal de l'inspection et des relations du travail. Selon le syndicat, une première «mise en conformité» a été demandée. Par ailleurs, les faits dénoncés mardi feraient l’objet d’une plainte pénale et de deux plaintes aux Prud’hommes.

L’entreprise dément

Jointe par la «Tribune de Genève», la direction affirme tenir compte de toutes les situations de harcèlement qui sont rapportées et n’avoir jamais licencié un collaborateur qui s’était plaint de mobbing. Quant au cas de racisme, elle affirme avoir diligenté une enquête approfondie qui avait mis en lumière un dysfonctionnement au sein de l’équipe, y compris venant de l’employé qui avait dénoncé les faits. Il aurait été licencié après avoir refusé les mesures décidées après cette enquête.

(jfz)

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