Genève: Casse-tête pour freiner la prolifération des silures
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GenèveCasse-tête pour freiner la prolifération des silures

La mesure prise dans le fleuve pour endiguer la multiplication des silures pourrait bien avoir l'effet inverse.

par
Lucie Fehlbaum
La bête doit être éliminée mais sautorégule dans la nature.

La bête doit être éliminée mais sautorégule dans la nature.

Des silures qui surfent à la surface de l'eau, tout près des baigneurs. D'autres qui se faufilent dans les bassins pour enfants des Bains des Pâquis. La période est propice à la rencontre avec ce gros poisson-­chat, qui suscite la fascination et la crainte. Sa présence et sa prolifération, notamment dans le Rhône à Genève, ne sont pas nouvelles. Mais le règlement qui vise à réguler cette espèce pourrait bien, paradoxalement, l'aider à se développer.

Les silures, considérés comme indésirables, doivent être tués par les pêcheurs qui les attrapent. Or, ils sont cannibales. Certains individus peuvent avaler jusqu'à 12 congénères par an. «Quand on apprend que la régulation se fait par les gros qui mangent les petits, on se demande si c'est intelligent de les mettre systématiquement à mort», interroge Christophe Ebener, président de la Fédération des sociétés de pêche genevoises. Une étude française publiée en 2016 confirme ce phénomène, précisant qu'un silure peut en avaler un autre jusqu'à moitié moins grand.

Dans le Rhône, la bête atteint souvent les 2 mètres. Pour le Canton, la mesure est efficace, permettant notamment d'éliminer les plus petits silures.

Parmi les pêcheurs, l'espèce compte son lot de fans et de détracteurs. L'un de ces derniers convient «qu'il serait difficile d'organiser une battue» contre les silures. «Mais on ne sait plus comment s'en débarrasser. On ne connaît pas les conséquences que peut avoir ce poisson sur nos espèces indigènes.»

Des poissons issus des eaux du Danube

Les silures sont arrivés du Danube dans le Léman et le Rhône voilà dix ans. Ils peuvent avoir été transportés dans les ballasts des bateaux. L'ordonnance fédérale sur la pêche les classe comme «introduits et indésirables» et impose leur mise à mort. Ils auraient un impact sur les échelles à poissons, où ils mangent notamment des truites ou des saumons, deux espèces qui coûtent cher à réintroduire. Eux-mêmes sont parfois pêchés pour leur chair, qui se consomme fumée. Les personnes originaires des Balkans en seraient friandes.

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