Lausanne: Casser pour se défouler, le concept gagne la Suisse
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LausanneCasser pour se défouler, le concept gagne la Suisse

La première «rage room» du pays ouvre le 13 avril, pour que les énervés puissent tout casser sans rien nettoyer.

par
Pauline Rumpf

Qui n'a jamais rêvé de lancer son ordi contre un mur, d'exploser des assiettes à coups de batte ou de détruire les ­souvenirs d'une relation qui a mal fini?

C'est sur ces envies de défoulement que deux ­créateurs d'escape game ont misé pour créer la première «rage room» du pays, à la rue de Genève. «Les Suisses ont tendance à ravaler leurs ­émotions», analyse Nicolas-­Guillaume Katz, cofondateur de l'Evade Rage Room avec sa copine, Polina Nekrasova. «Ici, on offre la possibilité de libérer ses pulsions.»

Pied-de-biche et marteaux

Nous avons testé l'expérience et, il faut l'avouer, ça fait du bien! Bouteilles, assiettes, ordinateurs et télévisions vont y passer, récoltés dans des brocantes ou via des dons. «On peut aussi amener ses propres objets, ou imprimer des photos pour taper ­dessus», poursuit-il. Il est possible de venir à plusieurs, mais avec des règles de sécurité.

Pour passer au massacre, à chacun son arme de prédilection: le pied-de-biche est le plus maniable, mais la masse fait des dégâts impressionnants. Un choix de marteaux permet de faire voler les touches de clavier avec classe, tandis que la batte est idéale pour détruire des bouteilles vides en plein vol. Rien de coupant, même si casque, combi et gants sont de rigueur.

Pour se mettre dans l'ambiance, on s'accompagne de la musique de son choix, et place à la destruction. Et si on ressort avec une bonne dose d'adrénaline et l'envie de tout casser, le moment a clairement été satisfaisant.

Une «fury room» pour tout casser

Un premier «défouloir» parisien vient d’ouvrir ses portes. Avec un idée simple: passer ses nerfs sur le matériel.

«Pas une solution sur le long terme»

«Si cette énergie doit sortir, il vaut mieux que ce soit ici qu'ailleurs, évalue Julien Perriard, psychologue spécialisé dans le travail. Ça peut en apaiser certains. Mais il ne faut pas croire qu'on règle un problème de fond. Il faut garder en tête que le besoin de détruire n'est pas anodin et se rappeler de prendre du recul sur ce que l'on fait. Ce n'est pas une solution de long terme.» Le praticien ajoute qu'avoir le droit de casser peut n'être qu'à moitié satisfaisant, puisqu'on n'est pas en train de transgresser une règle.

Règles juridiques et écologiques

Concevoir une «rage room» n'est pas une mince affaire. La réalisation a coûté près de 10000fr., entre l'isolation sonore, la sécurité et le matériel. Evade travaillera avec une entreprise spécialisée pour le tri des déchets. Certains objets, comme les frigos ou les néons, ont été écartés pour des raisons écologiques. Des juristes ont aussi dû être consultés pour définir ce qui était possible ou non et rédiger une décharge à faire signer aux clients.

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