Actualisé 19.12.2018 à 08:52

Diplomatie

Cassis défend le projet négocié avec l'UE

Le ministre des Affaires étrangères affirme que la Suisse joue un jeu très dangereux et riposte aux remarques du commissaire européen en charge du dossier.

La Suisse joue à un jeu dangereux, selon Ignazio Cassis.

La Suisse joue à un jeu dangereux, selon Ignazio Cassis.

Keystone

«Nous courons le risque de devoir conclure un accord plus mauvais avec l'UE à une date ultérieure», explique le ministre tessinois lors d'un entretien avec la Neue Zürcher Zeitung, publié mercredi. «Dans la situation actuelle, on ne peut pas s'attendre à ce que l'UE soit plus favorable aux revendications suisses dans deux ans», ajoute-t-il. Et de souligner: 80% du projet de traité reflète ce que souhaite la Suisse.

Le commissaire européen Johannes Hahn, en charge de la politique de voisinage et des négociations d'élargissement, a d'ailleurs rejeté lundi toute nouvelle négociation au sujet de l'accord-cadre avec la Suisse. «Le projet d'accord est bon. Les deux parties ont fait des pas vers l'autre», a-t-il souligné, précisant que «la balle est dans le camp de Berne.»

Croissance des eurosceptiques

En raison du Brexit, l'UE doit clairement montrer à ses États membres ce que signifie quitter ou ne pas être membre de l'Union, analyse Ignazio Cassis. Bruxelles ne peut tout simplement pas se permettre d'être plus conciliante, sinon un membre après l'autre se mettrait à négocier pour son propre compte.

Le ministre PLR observe en outre avec inquiétude la croissance des partis eurosceptiques au sein des Etats membres. Car cela ne va pas faciliter les négociations futures de la Suisse. «Les mouvements populistes de droite et de gauche penseront d'abord à eux-mêmes», estime-t-il.

Début décembre, le Conseil fédéral a lancé une vaste consultation sur le projet d'accord-cadre que la Suisse et l'UE négocient depuis 2014. Bruxelles a conditionné une prolongation de l'équivalence boursière suisse au-delà de juin 2019 à «un avis positif du Conseil fédéral», sur l'accord-cadre, a souligné M. Hahn. «Ce n'est pas un accord à la carte», a-t-il encore lancé. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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