Passage à l'an 2010: Catastrophes, attentats et crise ont marqué la décennie
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Passage à l'an 2010Catastrophes, attentats et crise ont marqué la décennie

Les dix premières années de ce siècle ont connu leur lot d'événements particulièrement marquants. En voici une sélection:

11 SEPTEMBRE 2001

Deux avions détournés par des kamikazes islamistes heurtent de plein fouet les deux tours du World Trade Center à New York; un autre appareil frappe le Pentagone à Washington; un quatrième, dont les passagers attaquent les pirates de l'air, s'écrase dans un champ en Pennsylvanie.

Ces attaques terroristes, sans précédent sur le territoire des Etats-Unis, coûtent la vie à 2973 personnes, outre les kamikazes. Les deux tours jumelles s'effondrent quelques heures après les attaques, qui laissent l'Amérique en état de choc. Les attentats sont revendiqués par l'organisation Al-Qaïda d'Oussama Ben Laden, basée principalement en Afghanistan, pays alors dominé par les talibans.

«GUERRE CONTRE LA TERREUR»

En réponse, le gouvernement du président américain George W. Bush lance sa «guerre contre la terreur» qui commence avec le renversement, avant même la fin 2001, du régime des talibans par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Huit ans plus tard, environ 112 000 soldats étrangers sont toujours en Afghanistan pour soutenir le gouvernement de Kaboul face à la rébellion des talibans qui ont regagné du terrain ces trois dernières années.

Le 19 mars 2003, le gouvernement Bush lance l'invasion de l'Irak de Saddam Hussein, avec le soutien de quelques alliés comme les Britanniques. Mais cette offensive, menée sous l'accusation de dissimulation par l'Irak d'armes de destruction massive et de liens entre le régime irakien et Al-Qaïda, divise profondément les Occidentaux. Fin 2009, il y a toujours 115 000 militaires américains en Irak où des dizaines de milliers de civils ont été tués, ainsi que près de 4400 soldats américains et 320 militaires d'autres pays.

La «guerre contre la terreur» prend aussi des aspects très controversés comme les sévices sexuels infligés à des prisonniers irakiens par des militaires américains à la prison d'Abou Ghraib, près de Bagdad, ou l'établissement d'une prison spéciale pour «terroristes» à Guantanamo, base américaine sur l'île de Cuba, échappant à toute norme juridique.

TSUNAMI

Un très violent séisme au large des côtes indonésiennes, le 26 décembre 2004, déclenche un vaste tsunami sur le pourtour de l'océan Indien, avec des vagues pouvant atteindre 30 mètres. Environ 220 000 personnes y perdent la vie, pour les trois quarts en Indonésie, pays le plus durement frappé avec le Sri Lanka, l'Inde et la Thaïlande. Il s'agit d'une des pires catastrophes naturelles en cent ans.

SEISME EN CHINE

La province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine, subit le 12 mai 2008 un séisme de magnitude 7,9 qui fait plus de 87 000 morts ou disparus dans l'effondrement de bâtiments, des éboulements et des inondations. Des millions d'habitants de la province voient leurs maisons détruites.

L'effondrement en particulier d'écoles, d'hôpitaux et d'usines soulève des questions sur le respect des normes de construction plus strictes, en principe mises en oeuvre après le désastreux séisme de 1974 dans la région de Tangshan (nord-est), qui a tué des centaines de milliers de personnes.

CRISE ECONOMIQUE

Le dépôt de bilan de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, sonne le glas d'une frénésie financière autour d'opérations risquées dans le secteur du crédit immobilier américain, dit «sub-prime». Cette quasi-faillite d'un fleuron du système bancaire et les difficultés manifestes d'autres institutions comme American Insurance Group (AIG), déclenche une crise d'abord financière puis économique, la plus grave depuis le Krach de Wall Street en 1929.

Au fil de la crise apparaissent les énormes montants des avoirs «toxiques» des sub-primes, diffusés par titrisation dans le monde à travers l'ensemble du système financier. Ils provoquent une dégringolade boursière, le blocage des marchés du crédit et obligent les gouvernements à renflouer le secteur bancaire avec des fonds publics.

Une récession économique mondiale s'enclenche, touchant la plupart des pays, sauf quelques nations émergentes comme la Chine ou le Brésil. La crise est émaillée de scandales comme la plus grosse escroquerie de l'histoire de Wall Street, due au financier Bernard Madoff qui a fait perdre plus de 20 milliards de dollars à ses client et a été condamné à 150 ans de prison, ou les bonus et autres émoluments extravagants des banquiers. Pour 2010, les économistes prédisent une timide reprise.

OBAMA

Premier président noir des Etats-Unis, élu le 4 novembre 2008, Barack Obama prend ses fonctions en pleine crise économique, alors que son élection avec le slogan «Yes we can» a soulevé d'immenses espoirs. Fin 2009, il obtient du Sénat l'approbation d'une réforme de l'assurance maladie, qui vise à couvrir la large majorité des Américains. Un vote qu'il qualifie d'«historique».

Quant aux deux guerres héritées de l'ère Bush, il décide d'envoyer 30.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan, parallèlement à un retrait progressif d'Irak, dont la fin est envisagée pour 2011. La fermeture de la prison de Guantanamo, qu'il avait promise, n'est pas encore achevée. Le processus de paix au Proche-Orient, autre dossier-clé, reste dans l'impasse malgré une intense activité diplomatique américaine. Ce qui a fait dire à nombre de commentateurs que l'attribution du prix Nobel de la paix 2009 à Barack Obama était peut-être un peu prématurée. (afp)

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