Actualisé 23.10.2012 à 15:30

Liban

Catherine Ashton s'inquiète pour la stabilité du Liban

La cheffe de la diplomatie européenne a exhorté mardi les dirigeants libanais à éviter le «vide politique» après la crise suscitée par la mort du chef de la Sécurité.

Catherine Ashton (centre) a rencontré le président du Liban Michel Sleimane

Catherine Ashton (centre) a rencontré le président du Liban Michel Sleimane

La cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton a exprimé mardi à Beyrouth son inquiétude pour la stabilité du Liban, en pleine crise après l'assassinat d'un chef de la Sécurité, bête noire du régime syrien. Elle a exhorté les dirigeants du pays à éviter le «vide politique».

Quatre jours après l'attentat qui a visé le général sunnite Wissam al-Hassan, chef des renseignements de la police libanaise, la tension était encore vive dans les régions à majorité sunnite, notamment à Tripoli, la grande ville du nord.

Une femme a été tuée par un tireur embusqué dans cette ville, où au moins 11 civils ont péri au total dans des violences qui ont éclaté après l'assassinat, selon un responsable des services de sécurité.

Pays divisé

«Cet attentat est une chose terrible, nous sommes inquiets pour la stabilité du Liban», a indiqué Mme Ashton, après avoir rencontré le Premier ministre Najib Mikati, selon des propos retransmis par l'Agence nationale d'information (ANI).

L'assassinat fait craindre un embrasement au Liban, déjà divisé entre partisans et adversaires du président syrien Bachar al-Assad, dont le pays a exercé une tutelle chez son petit voisin pendant près de 30 ans.

«Certains tentent de détourner l'attention de la situation dans la région en provoquant des problèmes au Liban», a ajouté, en apparente allusion au conflit en Syrie, Mme Ashton.

Sms menaçants

Des députés de l'opposition ont affirmé avoir reçu des sms de menaces envoyés à partir d'un numéro syrien, avant et après l'assassinat d'un général le 19 octobre.

«La veille de l'attentat, nous avons reçu un sms d'un numéro syrien qui disait 'fils de p..., nous vous aurons un par un», a affirmé à la télévision le député Ammar Houry, membre du groupe parlementaire de Saad Hariri, chef de l'opposition. Il a précisé que quatre de ses collègues avaient reçu un sms similaire.

«Sur le coup, nous n'y avons pas prêté attention, jusqu'à l'assassinat (le lendemain) du général Wissam al-Hassan», tué dans un attentat à la voiture piégée avec deux autres personnes, a expliqué M. Houry.

«Après l'assassinat, on a reçu un deuxième sms qui disait 'mabrouk (félicitations en arabe), le compte à rebours a commencé, un sur dix éliminé. Il s'est avéré que le numéro à partir duquel ces messages ont été envoyés est un numéro syrien», a-t-il précisé.

Démission exigée

Le meurtre du général, l'un des responsables de la Sécurité les plus importants, a provoqué une nouvelle crise dans le pays, l'opposition hostile à la Syrie exigeant la démission du gouvernement dominé par le Hezbollah, un allié de M. Assad, et ses alliés.

Mais la communauté internationale, bien qu'elle soutienne l'opposition, a immédiatement réagi en apportant son soutien au Premier ministre, par crainte d'un vide politique.

«Mme Ashton a transmis au président de la République Michel Sleimane le soutien de l'UE à la souveraineté, l'indépendance et la stabilité du Liban», selon l'agence. Elle a «exprimé le soutien (de l'UE) aux efforts du président en vue d'un dialogue».

Consultations

Le président Sleimane mène des consultations avec les principales forces politiques pour tenter de contenir la situation, surtout après des accrochages entre hommes armés et soldats lundi à Beyrouth.

Par ailleurs, les dirigeants libanais ont demandé à Mme Ashton, en tournée régionale, l'aide de l'UE pour les milliers de Syriens réfugiés au Liban depuis la révolte en Syrie.

Voiture volée

A propos de l'enquête sur l'assassinat du général Hassan, la police a révélé que la voiture piégée qui lui a coûté la vie avait été volée il y a plus d'un an, selon des déclarations rapportées par la presse mardi.

Le général Hassan, bête noire du régime syrien, avait démasqué en août un plan visant à semer le chaos au Liban à travers des attentats sous l'instigation des renseignements syriens.

(ats)

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