16.02.2019 à 19:17

Nouvel emblème de Gstaad

Ce chalet miroir crée la polémique à Gstaad

Depuis peu, un nouveau chalet est venu s'ajouter au paysage montagnard de Gessenay... et il n'est pas au goût de tout le monde.

de
B. Hostettler
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Le chalet «Mirage Gstaad» se situe sur le sentier de randonnée hivernal reliant Schönried à Gstaad.

Le chalet «Mirage Gstaad» se situe sur le sentier de randonnée hivernal reliant Schönried à Gstaad.

Torvioll Jashari
Le chalet de l'Oberland bernois est un jeu de reflets, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Conçu par l'artiste américain Doug Aitken, il fait partie de l'exposition «Elevation 1049: Frequencies».

Le chalet de l'Oberland bernois est un jeu de reflets, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Conçu par l'artiste américain Doug Aitken, il fait partie de l'exposition «Elevation 1049: Frequencies».

Stefan Altenburger
Dans le village voisin de Schönried, l'oeuvre-d'art fait actuellement l'objet de nombreux débats. Du côté de l'Office du tourisme, «les réactions initiales sont positives».

Dans le village voisin de Schönried, l'oeuvre-d'art fait actuellement l'objet de nombreux débats. Du côté de l'Office du tourisme, «les réactions initiales sont positives».

Stefan Altenburger

Gstaad, dans l'Oberland bernois, est réputé pour ses maisons cossues, ses villas et ses hôtels. Le dernier projet exclusif des lieux s'appelle «Mirage Gstaad» et se situe sur le sentier de randonnée hivernal reliant Schönried à Gstaad. Il s'agit d'un chalet d'allure futuriste dont toute la surface est recouverte de miroir.

Conçu par l'artiste américain Doug Aitken, «Mirage Gstaad» fait partie d'une exposition régionale et restera en place jusqu'en 2021. Grâce aux fréquences lumineuses, le but est de refléter la solennité des changements permanents du paysage alpin.

«Cette construction est inutile»

Si le bâtiment temporaire attire tous les regards, il ne fait cependant pas l'unanimité. Dans le village voisin de Schönried, l'oeuvre-d'art fait actuellement l'objet de nombreux débats. «Quel est l'intérêt? Ce n'est que du verre!», s'exclame un résident interrogé par 20 minutes. Selon lui, on peut très bien admirer le merveilleux paysage à l'œil nu. Nul besoin de miroir pour cela. Et d'ajouter: «Le sentier panoramique est bien fréquenté, même sans le chalet. Cette construction est inutile».

Si certains habitants du village n'envisagent pas de se rendre à l'exposition, ils ne se formalisent pas pour autant de l'existence de l'oeuvre d'art miroitante. «Le chalet a l'air étrange, mais reste beau», affirme une résidente locale.

Les miroirs représentent un danger pour les oiseaux

Andreas Boldt, spécialiste de la faune sauvage, se montre plus critique à l'égard de la construction. «Les bâtiments miroir représentent un danger pour les oiseaux», dit-il. Des études menées sur des bâtiments industriels en miroir ont montré que les oiseaux s'écrasaient souvent contre leur surface et en mouraient. Selon M. Boldt, aucun animal, quel que soit son gabarit, ne serait épargné, qu'il s'agisse d'insectes ou de plus gros animaux, qui «peuvent être effrayés» par les surfaces réfléchissantes.

Les réactions initiales sont positives

A l'Office du tourisme de Gstaad, on se réjouit néanmoins de la nouvelle oeuvre-d'art. «Cela attire la foule et le panorama de rêve est mis en valeur par le reflet», déclare son directeur, Sébastien Epiney. Jusqu'à présent, les retours n'auraient été que positifs et le modèle s'exporterait actuellement dans le monde entier par le biais des réseaux sociaux. L'environnement serait parfait pour le chalet: «L'art ne connaît pas de frontières.»

Si, pour l'heure, on ne connaît pas encore le nombre exact de visiteurs, Toni von Grünigen, Président de la Commune de Gessenay, se veut confiant en ce qui concerne cet édifice hors du commun: «Jusqu'à présent, nous avons eu de bons échos», dit-il. Selon lui, le projet est impressionnant. Il n'en demeure pas moins que, si l'interdiction de circuler n'est pas respectée, le volume du trafic pourrait devenir problématique. «Les gens veulent se garer au plus près avec leur voiture, alors qu'on pourrait parcourir le chemin à pied», dit-il.

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