Actualisé 24.05.2020 à 07:03

France

«Ce dont j’ai besoin, c’est enlacer mes enfants»

Un grand brûlé s'est filmé pour dénoncer le confinement qui perdure en milieu hospitalier, le privant des visites de ses proches.

Il y a quelques jours, Géraud Bournet a pris sa tablette et s'est filmé tel quel, assumant ses bandages et sa trachéotomie, pour dénoncer le confinement qui perdure en milieu hospitalier, le privant des visites de ses proches. «Moi, ce dont j'ai besoin c'est de prendre mes enfants dans les bras. Ça peut paraître cavalier en période de Covid-19 mais pour guérir, l'être humain a besoin de contact humain», explique-t-il à l'AFP par téléphone depuis le jardin du Centre médical de l'Argentière, à Aveize, dans le Rhône.

Depuis presque trois mois, il n'a vu ni ses enfants, ni sa compagne, ni ses parents. Et après plus de six mois en réanimation à Lyon, dont trois mois dans le coma, il a été transféré ici mi-mars sans pouvoir être accompagné par un proche. «Quand on est faible, être posé comme ça dans un lit de centre de soins où on ne connaît personne, j'avais l'impression d'être jeté». Depuis dix jours les Français sont déconfinés, pas les personnes hospitalisées.

«Une forme de maltraitance»

Les visites restent majoritairement interdites sauf en maternité, pour les patients mineurs ou en fin de vie. Pour les patients hospitalisés en longue durée, on compte quelques exceptions mais au compte-gouttes et qui varient selon les établissements. Beaucoup de soins non essentiels n'ont également pas repris. Une situation qui «s'apparente de plus en plus à une forme de maltraitance, tant psychologique que physique» aux yeux de Géraud Bournet. Alors ce quadragénaire, ingénieur et illustrateur, a voulu prendre la parole et a publié il y a quelques jours une vidéo sur YouTube.

Il se montre comme le grand brûlé qu'il est, le visage entouré de bandages, des lunettes qui paraissent très grandes sur son visage abîmé et émacié. Il ne cache pas sa trachéotomie, on perçoit le sifflement de la canule chaque fois qu'il reprend son souffle. Ses soins se résument au «kit minimal»: des pansements, kinésithérapeute, ergothérapeute et psychomotricité. Pour son bouchon d'oreille, le retrait de la trachéotomie, la pédicure dont il a besoin ou l'ophtalmologue, il attendra.

Tout ceci n'est certes pas vital mais pour un patient comme lui, qui réapprend à marcher et tout simplement à vivre après avoir voulu mourir en s'immolant, «4 à 5 semaines d'inconfort» supplémentaires, c'est long et difficile à supporter. Sans parler des activités qui sont à l'arrêt dans ce centre de rééducation, la petite boutique, le web-café, tout est fermé. Ils ne peuvent se réunir qu'à quelques patients dans le jardin et à bonne distance. On lui parle d'une reprise des visites au mieux début juin.

(afp/20minutes)

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36 commentaires
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Patou

27.05.2020 à 05:51

Alors les visites je peux encore comprendre🤷🏼‍♀️ Mais les soins 😱😱😱 je trouve sa inadmissible ! Déjà qu’ils ne voient pas leur famille, ce serait top de s’en occuper comme il faut ! Ne serait-ce que pour leur bien être physique et mentale ! Bravo à vous de dénoncer cela ainsi que les pauvres soignants qui subissent sa... Courage à vous tous 💪🏻💪🏻💪🏻❤️

bouba

26.05.2020 à 06:10

Certains commentaires sont déplacé. Juger une personne sans connaître les raisons qui l'on conduit a cet acte désespéré de manière violente qui plus est. Tous patients a besoin de contact physique. Famille, amis.

Le pompier

25.05.2020 à 17:46

Le bobet tu a cherché tu as trouvé.