Accusations contre Tariq Ramadan: «Ce jour-là, il a su… qu'un jour tout se saurait»
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Accusations contre Tariq Ramadan«Ce jour-là, il a su… qu'un jour tout se saurait»

L'islamologue suisse de 55 ans est en pleine tourmente depuis que deux femmes ont porté plainte contre lui pour viol. Virulente opposante de Tariq Ramadan, Caroline Fourest affirme avoir été contactée par plusieurs victimes en 2009.

par
cga
Image du débat de 2009 opposant Caroline Fourest (de dos) à Tariq Ramadan.

Image du débat de 2009 opposant Caroline Fourest (de dos) à Tariq Ramadan.

Entre Caroline Fourest et Tariq Ramadan, les débats sont souvent animés. Dire que la polémiste et l'islamologue ne sont pas sur la même longueur d'onde relève de l'euphémisme. Ce week-end, la journaliste, auteure de «Frère Tariq», a expliqué sur son blog qu'elle avait été en contact dès 2009 avec trois femmes affirmant avoir été harcelées ou agressées sexuellement par le théologien.

Toutes les victimes ont évoqué des «sévices particulièrement violents, traumatisants et dégradants» de ce «gourou» qui entretient une «relation sectaire avec son public, par la séduction». «Ces femmes sont sous son emprise, elles sont d'abord fascinées, peut-être même attirées au départ», a affirmé Caroline Fourest à l'AFP. La polémiste explique dans son billet que les témoignages remontent à novembre 2009, juste avant un débat l'opposant à l'islamologue dans l'émission «Ce soir (ou jamais!)» (voir vidéo ci-dessous). «Des victimes ont commencé à me contacter, écrit-elle. Je les ai rencontrées. Elles m'ont montré des photos explicites et raconté des horreurs impossibles à révéler sans preuve et sans plainte.»

Caroline Fourest précise d'ailleurs que deux victimes se trouvaient dans le public lors de la diffusion de l'émission. «Je me souviens de son regard quand j'ai souligné avec une très légère ironie (que lui seul pouvait comprendre) qu'il défendait une vision extrêmement moraliste de la sexualité en discours, qu'il devait bien sûr se l'appliquer à lui-même… A la fin du débat, deux de ses proies, dont celle qui vient de raconter courageusement l'atrocité des sévices qu'elle a subis, se sont levées pour me dire «bravo» et «merci», devant lui, se souvient-elle encore. Tariq Ramadan se démaquillait en parlant avec son ami Taddeï. Il s'est décomposé. Je n'oublierai jamais son regard, livide et défait. Ce jour-là, il a su… qu'un jour tout se saurait.»

«Avec lui, soit vous êtes voilée, soit vous êtes violée»

Malgré les «centaines de messages de menace» envoyés sur les réseaux sociaux par des partisans du charismatique intellectuel, Henda Ayari, 40 ans, étayait lundi ses accusations contre celui qui, selon elle, «utilise l'islam pour assouvir ses pulsions sexuelles». Elle raconte avoir d'abord échangé avec le petit-fils du fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans sur les réseaux sociaux avant de le rencontrer en 2012, à l'occasion d'un rendez-vous qu'il lui avait donné dans un hôtel parisien, en marge d'une de ses conférences.

Elle mentionne son admiration initiale pour celui qu'elle voyait comme «un grand frère, un homme religieux», avant le «cauchemar»: «Il s'est littéralement jeté sur moi comme une bête sauvage», «m'a étranglée». «J'ai vraiment cru mourir. J'étais certaine ce soir-là que si je continuais à le repousser il me tuerait», raconte-t-elle dans plusieurs médias. «Avec lui, soit vous êtes voilée, soit vous êtes violée», résume-t-elle dans «Le Parisien».

«Une campagne de calomnie»

Dimanche, le petit-fils du fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans, professeur d'Etudes islamiques contemporaines à Oxford (Grande-Bretagne), a dit voire «une campagne de calomnie» dans les accusations de viol portées à son encontre. Marié depuis plus de 30 ans à une Française convertie et père de quatre enfants, il est régulièrement invité par d'autres universités en Europe, mais aussi au Maroc, au Qatar ou au Japon, et jouit d'un prestige certain parmi les étudiants musulmans européens qui se pressent à ses conférences et s'arrachent les enregistrements de ses cours.

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