Football - Challenge League: Ce Lausanne-Sport qui a si vite grandi
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Football - Challenge LeagueCe Lausanne-Sport qui a si vite grandi

Le LS a grandi vite. Très vite. Trop vite même pensait son entraîneur Fabio Celestini il y a peu, avant de se rendre à l'évidence.

La jeune formation vaudoise assume pleinement le leadership d'une Challenge League qu'elle domine avec six points d'avance sur le riche et expérimenté FC Wil.

Le LS de Celestini, c'est un concept simple: de prometteurs joueurs, la plupart du cru, encadrés par des éléments aux vécus plus importants comme Arnaud Bühler, Xavier Margairaz ou Alexandre Pasche (même si celui-ci n'a, il faut le rappeler, que 24 ans). Mais c'est surtout un principe inviolable: le jeu. Même dimanche dernier contre Wil, sa puissance et ses individualités supérieures, repartis de la Pontaise avec un sec 3-0 dans les valises. «Cela prouve que l'idée de jouer, jouer, jouer, ça paie!, se réjouit le coach. Contre Wil, on a souffert sans cesse mais nous nous sommes battus. Alors si en plus l'état d'esprit et la cohésion sont là, on peut faire de belles choses.»

De belles choses, Lausanne-Sport en a déjà réalisées depuis la reprise. Le club, au sortir d'expériences parfois douloureuses avec ses précédents entraîneurs, s'est lancé dans un pari mettant au coeur du projet la formation et les talents issus du giron vaudois. L'ambition de Fabio Celestini dans le jeu était immense, les gabarits et les pedigrees des membres du contingent plutôt maigres. Le LS a toutefois bouclé l'année en tête et a été la seule équipe à ne pas avoir connu de véritable trou durant ce premier tour.

Nouveau levier

La philosophie imposée par Celestini a favorisé l'émergence de plusieurs joueurs dont certains s'étaient vu dire par les prédécesseurs de l'ancien capitaine de l'OM qu'ils n'étaient pas taillés pour le football professionnel. On pense notamment à un Numa Lavanchy (22 ans) infatigable dans son couloir droit, à un Mingyang Yang (20 ans) dont le volume de jeu augmente peu à peu, à un Elton Monteiro (21 ans) aussi efficace qu'élégant en défense centrale, à un Olivier Custodio (20 ans) grande révélation de l'automne dans son rôle de sentinelle, ou encore au gamin Andi Zeqiri, un attaquant encore tendre - il n'a que 16 ans et demi! - mais au potentiel certain.

Fabio Celestini était dans un premier temps gêné par les résultats inattendus de son équipe. Soucieux de ne pas voir ses protégés brûler les étapes ou crouler sous la pression des attentes naissantes, l'ancien milieu international avait à plusieurs reprises estimé que son LS grandissait trop vite. Or, au soir de cette première phase, le discours de l'entraîneur a radicalement changé. «Cela ne me gêne plus d'être premier, parce que je constate que les garçons jouent pareil! On est en tête depuis la 7e journée et l'idée reste la même. Maintenant, je me sers même du classement comme d'un levier supplémentaire pour pousser l'équipe à donner encore un peu plus. On a gagné un an et demi en cinq mois!»

Pour le coach, pas question pour l'instant de modifier son approche du championnat. A Lausanne, il ne s'agit pas de parler de première place ou de promotion, mais de développement de l'équipe et de travail. «Je suis comblé, admet Celestini, mais par la progression du groupe. C'est par cette progression que sont venus nos résultats. J'ai vu un LS progresser collectivement, offensivement, défensivement. J'ai vu des joueurs prendre leur envol. Lausanne est une équipe qui sait interpréter le football et se battre.»

Appel au public

Le travail demeure toutefois conséquent. «Nous devons encore améliorer notre jouerie, sans laquelle nous souffrons. Il nous faut donc améliorer notre technique sous pression.» Et Celestini espère bien recevoir l'appui du public lausannois (jolie moyenne de 3596 spectateurs par match), très prompt à siffler ses favoris à la moindre passe manquée. «Les gens doivent comprendre et accepter que cette équipe va jouer au ballon. Elle ne sait faire que ça. A domicile, c'est plus difficile qu'à l'extérieur à cause de la pression des supporters qui ronchonnent vite. Le public peut nous aider car il a de l'influence sur les garçons.»

Et il devrait aussi se souvenir que les choses étaient bien différentes il y a peu de temps encore. Spectacle, beau jeu, joueurs de la région et résultats au rendez-vous: la Pontaise aurait tort de bouder son plaisir. (ats)

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