Canton de Vaud: «Ce n'est pas gagner moins qui m'inquiète!»
Actualisé

Canton de Vaud«Ce n'est pas gagner moins qui m'inquiète!»

Les généralistes décident jeudi soir s'ils feront grève le 24 mars. Témoignages de 3 jeunes médecins de famille.

par
Carole Pantet

La colère gronde chez les médecins de famille vaudois. Ce jeudi soir, ils suivront vraisemblablement les traces de leurs homologues genevois en votant une journée de grève le 24 mars, pour protester contre les nouveaux tarifs de laboratoire.

Si les conditions de travail en hôpital se sont améliorées, les généralistes ont vu leur revenu et leur marge de manoeuvre diminuer, par la faute de plusieurs décisions fédérales. Alors que, dans quinze ans, 75% d'entre eux seront à la retraite, «20 minutes» a recueilli les impressions de trois médecins qui ont choisi de s'installer récemment, motivés par «la vocation».

«Je ressens un sentiment de colère et de désabusement face à Pascal Couchepin, qui ne se rend pas compte de la réalité du terrain», lance Christine Carnal, à Yvonand depuis 2006.

L'angoisse de ces toubibs? «Ce n'est pas de gagner moins, mais qu'il n'y ait plus de relève, puisque le métier perd de son attrait. Comment arriverons-nous alors à assurer les gardes et à répondre aux besoins des patients?» renchérit Vincent Morel, 33 ans, installé à Yverdon depuis novembre.

La grève, ils la souhaitent. «Des patients ont même dit qu'ils m'accompagneraient à Berne», sourit Christine Carnel. Isabelle Hottinger restera auprès de ses patients: «Je préfère prendre 5 minutes pour leur expliquer l'importance d'un laboratoire dans un cabinet de campagne. Même s'ils ne le répéteront pas à Couchepin!» précise cette doctoresse de Concise.

Jura touché par la fronde

Les médecins de l’Arc lémanique ne sont pas les seuls à contester les décisions prises à Berne pour réduire les coûts de la santé. Dans le Jura, plusieurs cabinets de généralistes devraient fermer le 1er avril, selon François Héritier, président de la société suisse des généraliste. Dans le Valais et à Neuchâtel, des assemblées sont annoncées. Mais leurs présidents n’aiment pas l’idée de «prendre les patients en otage».

Ton opinion