Actualisé 19.01.2011 à 15:38

Franc fort

«Ce n'est pas une crise»

La situation est sérieuse, mais «ce n'est pas une crise», a répété trois fois le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann devant la presse.

Pour Johann Schneider-Ammann, pas question de parler de crise.

Pour Johann Schneider-Ammann, pas question de parler de crise.

Certaines branches et entreprises souffrent vraiment de la cherté du franc suisse, reconnaît le Conseil fédéral. Il étudie donc des mesures de soutien. La croissance économique s'est élevée l'an dernier à 2,7% et le chômage a reculé à 3,6% à la fin de l'année, a rappelé Johann Schneider-Ammann. Les problèmes de taux de change vont ralentir la croissance dans les trimestres à venir, mais cela restera de la croissance.

Politique monétaire réservée

Selon M. Schneider-Ammann, seules des mesures de politique monétaire peuvent avoir un impact sur le cours du franc, mais elles relèvent exclusivement de la Banque nationale suisse (BNS). Il n'y d'ailleurs aucun indice d'une spéculation des banques suisses contre la monnaie helvétique, a ajouté le ministre.

Le Conseil fédéral doit se concentrer sur la politique économique. Jusqu'à la fin de l'année, il peut appliquer les mesures de stabilisation conjoncturelle décidées en 2008 et 2009. Selon le ministre de l'économie, il pourrait décider de prolonger au-delà certaines mesures comme le recours au chômage partiel jusqu'à 24 mois et des moyens renforcés pour l'innovation et la technologie.

Le gouvernement envisage aussi de libérer temporairement - vraisemblablement pour 2012 et 2013 - des fonds pour soutenir Suisse Tourisme dans ses efforts de renforcement de la demande intérieure. Le secteur du tourisme, très pénalisé par le franc fort. «On ne peut jamais donner assez», a relevé le ministre en refusant toutefois de préciser l'ampleur du coup de pouce éventuel.

Négociations avec la Chine

Le Conseil fédéral mise par ailleurs sur la conclusion de nouveaux accords de libre-échange. Ils peuvent faire doubler le volume d'affaires entre les pays concernés, a justifié M. Schneider- Ammann en annonçant que les négociations avec la Chine débuteraient fin janvier au forum économique de Davos (WEF).

Le franc fort pénalise l'industrie exportatrice mais c'est aussi un avantage à l'importation. Pour le conseiller fédéral, ces bénéfices doivent «profiter à toute la chaîne de création de valeur». La politique doit accroître la transparence pour savoir quelles sont les marges dégagées et à qui elles sont distribuées.

Décisions prochaines

Ensuite il faut laisser jouer le marché, estime le libéral- radical. Pas question de passer à une politique rigide d'intervention. Des décisions seront prises dans les semaines à venir. Le ministre de l'économie «espère sortir de la problématique du taux de change sans trop de pertes d'emplois».

Une table ronde des acteurs économiques réunie vendredi sous l'égide du Secrétariat d'Etat à l'économie n'a pas dégagé de majorité en faveur d'une intervention publique. La gauche et l'Union syndicale suisse l'appellent de leurs voeux mais les banques et organisations patronales ne veulent pas en entendre parler.

(ats)

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