Meurtre d’une dealeuse de coke: «Ce n’était pas moi»: elle clame son innocence mais les preuves l’accablent
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Meurtre d’une dealeuse de coke«Ce n’était pas moi»: elle clame son innocence mais les preuves l’accablent

Une mère de famille a été condamnée jeudi à 11 ans de prison pour le meurtre, en 2019, d’une sexagénaire à Zurich.

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Stefan Hohler/ofu
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Des agents de police zurichois ont découvert une scène de crime sanguinolente, en septembre 2019, dans la ville des bords de la Limmat. Ils étaient tombés sur le corps sans vie d’une femme de 62 ans dans un appartement de l’arrondissement 6. Visiblement, elle gisait là depuis six jours. La meurtrière présumée, âgée de 38 ans, a comparu jeudi devant le Tribunal de district de Zurich pour meurtre. Elle connaissait la victime: selon l’acte d’accusation, il s’agissait de sa dealeuse de coke.

«Ce n’était pas moi. Ce qui est écrit dans l’acte d’accusation est faux», s’est défendue la mère de trois enfants, appelée à la barre. Elle a avoué avoir contacté la victime le jour des faits pour lui acheter de la drogue. Comme elle n’a pas répondu, elle a expliqué s’être rendue au domicile de la trafiquante. Après avoir frappé à la porte et avoir attendu en vain qu’on vienne lui ouvrir, elle a finalement pénétré dans l’appartement, qui était ouvert.

«Elle était comme une mère pour moi»

«Elle était morte, allongée dans une flaque de sang», s’est souvenue l’accusée. Elle a expliqué ne pas avoir alerté la police et les secours, par crainte de se faire retirer la garde de ses enfants. A la question de savoir pourquoi les enquêteurs ont retrouvé dans l’appartement de la dealeuse ses clés et son natel, elle n’a pas su livrer d’explications. Elle n’a pas non plus voulu commenter le fait que des traces de sang lui appartenant ont été retrouvées dans le logement. La prévenue a expliqué à la Cour que la victime avait reçu des menaces de mort au préalable parce qu’elle s’était endettée. Elle a aussi juré avoir toujours entretenu une bonne relation avec elle: «Elle était comme une mère pour moi.»

Selon une expertise psychiatrique, l’accusée souffre d’un trouble dissociatif de la personnalité, lié à son addiction à la cocaïne. Interrogée à ce sujet, la prévenue a assuré: «J’en ai fini avec la drogue. Je regrette d’en avoir consommé. Je n’en prendrai plus jamais.»

Le procureur, en revanche, n’a pas cru à la version des faits livrée par la trentenaire. Il pense qu’une dispute a éclaté entre les deux femmes. L’accusée aurait ensuite poignardé la victime à 31 reprises avec un objet tranchant, principalement au niveau de la tête, du visage et du cou. Il a requis 11 ans de prison, commués en mesure stationnaire (petit internement) pour meurtre. Il a en effet rappelé que les enquêteurs ont trouvé des traces de tongs dans l’appartement de la victime, puis des tongs ensanglantées dans la machine à laver de la prévenue. Les policiers ont aussi retrouvé chez l’accusée le natel, les clés et les cartes bancaires de la victime.

Dédommagement pour les enfants de la victime

L’avocat de la défense a demandé l’acquittement de sa cliente. «Elle n’avoue pas les faits, elle n’avait pas de motif et l’arme du crime n’a jamais été trouvée.» Il a par ailleurs requis un dédommagement de 55’000 francs pour le temps que sa cliente a passé en détention provisoire.

Le tribunal a finalement condamné l’accusée de 38 ans à 11 ans de prison commués en mesure stationnaire. Les deux enfants de la victime recevront un dédommagement de 35’000 et 30’000 francs.

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