Grisons: Ce paysan dit avoir chassé un loup de son étable
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GrisonsCe paysan dit avoir chassé un loup de son étable

Un animal sauvage s'est introduit dans la ferme du Grison Mathias Decurtins, samedi dernier à Trun (GR), et y a tué un mouton. Les autorités se retrouvent face à un nouveau problème.

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gts/ofu

Mathias Decurtins est un paisible éleveur de moutons vivant à Trun (GR). Mais la tranquillité de ce petit village grison a été perturbée samedi passé au petit matin, rapporte la «Südostschweiz». En se rendant dans son étable, l'homme a découvert qu'une de ses bêtes était décédée.

Selon le journal alémanique, le mouton a été tué par un loup. «Le cou de l'animal était plein de sang et on voyait encore les traces de dents. Le ventre était totalement ouvert», raconte Mathias Decurtins au quotidien.

Le Grison, qui élève ses bêtes à titre non-professionnel, est persuadé que le loup s'est enfui en le voyant arriver: «Sinon je ne comprends pas pourquoi un seul mouton aurait été tué.» Et d'ajouter: «Il a sûrement sauté par-dessus la partie inférieure de la porte pour entrer à l'intérieur de l'étable. Ça m'étonne qu'il s'approche autant des fermes.»

Test ADN

Pour l'instant, les autorités ignorent si l'animal sauvage fait partie de la meute du Calanda (GR), qui vit dans une zone frontalière au canton de Saint-Gall. Un test ADN est censé apporter des réponses. «Il faudra attendre un peu plus de trois semaines avant de pouvoir déterminer de quel loup il s'agit», explique Hannes Jenny de l'Office grison de chasse et de pêche.

Avec la situation actuelle, les autorités se retrouvent devant un nouveau problème. Car depuis le retour du loup en Suisse, c'est la première fois qu'un individu pénètre dans une étable pour y tuer un animal. Lorsqu'un ours s'approche trop de la civilisation, il est considéré comme dangereux ou à risque et peut potentiellement être tiré.

Or pour les loups, c'est une autre règle qui s'applique: ils peuvent être tirés s'ils tuent plus de 25 moutons par mois. «Actuellement, il n'existe aucune règle pour ceux qui s'introduisent dans des bâtiments», confirme Hannes Jenny. Et d'ajouter: «C'est pour ça que nous devons discuter du cas actuel avec l'Office fédéral de l'environnement.»

Pro Natura se montre prudent

Contactée par «20 Minuten», Simona Kobel, experte en animaux sauvages auprès de Pro Natura, se montre prudente et ne souhaite pas s'exprimer trop rapidement sur l'affaire: «Nous devons attendre les résultats du test ADN afin de nous assurer qu'il s'agit bien d'un loup et, si c'est le cas, de déterminer d'où il vient.»

Loup peu toléré

Des chercheurs de l'Université de Zurich ont voulu savoir dans quelles parties de Suisse le loup aurait le plus de chances de survivre. Pour cela, ils ont non seulement pris en compte les lieux qui consitituent un milieu de vie adéquat pour cet animal mais également l'avis de la population afin de savoir où le loup est accepté et où il ne l'est pas, écrit mercredi le «Tages-Anzeiger».

Et les résultats sont étonnants: près de 13'800 kilomètres carrés conviendraient comme lieu de vie aux loups, mais ces derniers ne sont tolérés que sur 2500 de ces 13'800 kilomètres carrés. Selon les chercheurs, les chances de survie de cet animal sauvage sont les plus élevées en Suisse orientale, au Tessin, aux Grisons, dans le Jura et dans le canton de Zurich, plus précisément dans l'Oberland.

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