Un béton respectueux de l’environnement – Ce pont préfigure l’avenir de la construction

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Un béton respectueux de l’environnementCe pont préfigure l’avenir de la construction

Des recherches soutenues sont menées sur les technologies permettant de rendre la fabrication du béton plus respectueuse de l’environnement. Avec succès, comme le prouve un ouvrage exemplaire réalisé à Hüntwangen (ZH).

par
Frank Rohrbasser
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Le «Bridge to the Future» a été construit avec du béton recyclé respectueux de l’environnement et se compose d’éléments filigranes.

Le «Bridge to the Future» a été construit avec du béton recyclé respectueux de l’environnement et se compose d’éléments filigranes.

Holcim (Suisse) SA
Les panneaux du «Bridge to the Future» sont assemblés et reliés entre eux par un mortier de scellement.

Les panneaux du «Bridge to the Future» sont assemblés et reliés entre eux par un mortier de scellement.

ZHAW
La plateforme est constituée d’éléments emboîtables. La clé de voûte est assemblée sur place.

La plateforme est constituée d’éléments emboîtables. La clé de voûte est assemblée sur place.

ZHAW

Dans le domaine de la construction, le béton s’inscrit parmi les produits les plus nocifs pour le climat. La production de chaque mètre cube entraîne l’émission de plus de 200 kilos de CO2. Selon l’EPFZ, jusqu’à 80 milliards de m3 de béton sont utilisés chaque année à travers le monde. Et, d’après l’ONU, le secteur de la construction et du bâtiment est désormais responsable de 38% des émissions de CO2. Les propriétés du béton font toutefois de lui un matériau de construction incontournable.

Pour atteindre les objectifs de neutralité climatique en 2050, les économies de CO2 dans le secteur de la construction seront donc décisives – y compris dans la fabrication du béton, et notamment du ciment. «Deux tiers des émissions de CO2 générées lors de la fabrication du clinker de ciment sont liées aux matières premières et un tiers provient de l’utilisation de combustibles fossiles», explique Cathleen Maria Hoffmann, ingénieur produit chez Holcim Suisse. De fait, la diminution de la teneur en clinker du ciment est la mesure la plus efficace pour réduire les émissions de CO2.

Du carbone au lieu des fers d’armature

Holcim a réussi une percée significative avec le ciment sans clinker «Locarbo». Le béton recyclé qui en est issu ne libère que 138 kg de CO2 par m3 au lieu de 210 kg. Selon Holcim, ce béton entraîne également une réduction de 75% de la consommation de matériaux.

«Si nous voulons économiser du CO2, nous devons d’une part réduire la part de clinker dans le ciment et, d’autre part, nous concentrer sur une plus grande efficacité des matériaux et une construction plus mince», estime Kerstin Wassmann, cheffe de projet chez Holcim du «Bridge to the Future».

Ce «Bridge to the Future», qui a été inauguré en novembre à Hüntwangen (ZH), illustre la manière dont le béton peut être utilisé: en lieu et place des fers d’armature, on a recours, dans la plateforme de réception, à des fils de carbone précontraints et inoxydables. Grâce à leur grande résistance à la traction, les éléments ne font que 6 cm d’épaisseur. Aux dires d’Holcim, il s’agit de «l’une des constructions les plus respectueuses du climat au monde».

Du béton à base de bactéries

«Locarbo» n’est qu’une solution parmi d’autres pour réduire l’empreinte carbone du béton. L’utilisation de combustibles alternatifs au charbon est par exemple encouragée. «Il peut s’agir de déchets plastiques déchiquetés ou d’autres sortes de déchets», détaille Kerstin Wassmann.

Pour la fabrication de béton recyclé, on utilise également de plus en plus souvent des matériaux recyclés issus de démolitions, qui sont de surcroît carbonatés. Le CO2 est prélevé dans l’air et injecté dans la roche, ce qui permet de réduire les émissions de CO2. En outre, des recherches sont menées sur un béton qui verrait le liant traditionnel être remplacé par des bactéries et un mélange de sable et d’hydrogel.

«Le béton est un produit très complexe», atteste Kerstin Wassmann. Selon elle, suivant son type et l’importance des exigences normatives, un ouvrage devrait être pensé pour les 100 ans à venir. Et Cathleen Hoffmann d’ajouter: «Il faut aussi repenser les méthodes de construction courantes». À l’instar, notamment, du «Bridge to the Future», qui doit montrer de manière imagée la voie vers une construction plus respectueuse de l’environnement.

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