Actualisé 20.07.2017 à 13:42

Kreuzlingen (TG)

«Ce test de naturalisation, c'était du harcèlement»

Après une jeune Turque à Buchs (AG), un Allemand dénonce un processus trop difficile. Bien qu'il parle le dialecte, il a échoué après 16 ans en Suisse.

de
daw/rmf
L'Allemand est en Suisse depuis 16 ans, où il a suivi des écoles et est en train de mettre sur pied une entreprise.

L'Allemand est en Suisse depuis 16 ans, où il a suivi des écoles et est en train de mettre sur pied une entreprise.

Le cas de Funda Yilmaz, dont la candidature à la nationalité suisse a été refusée pour avoir cité le ski plutôt que la lutte à la culotte comme sport «typiquement helvétique», a ému toute la Suisse, et même au-delà des frontières. Le cas de cette Turque de 25 ans, née en Suisse et ayant grandi à Buchs où elle a fait des études, a déclenché une polémique. La jeune femme a fait recours.

«Je pensais que c'était une formalité»

Son histoire n'est pas isolée. A Kreuzlingen (TG), un Allemand de 29 ans a vécu une histoire similaire. «Je pensais que la naturalisation était une formalité», raconte Moritz*. Or, après son test oral, sa demande a été rejetée par la commission chargée de faire le tri.

L'homme est en Suisse depuis 16 ans, où il a suivi des écoles et est en train de mettre sur pied une entreprise. Il dit avoir été injustement traité. «L'entretien de naturalisation, c'était du harcèlement, explique Moritz. J'ai été bombardé de questions qui allaient bien au-delà des connaissances normales.» Durant 45 minutes, il a dû répondre à des dizaines de questions politiques, géographiques ou encore historiques.

Énumérer les églises réformées

L'Allemand, qui parle le dialecte alémanique de la région, ne s'en est pas sorti si mal, mais il s'est découvert des lacunes, par exemple son incapacité à énumérer les musées ou les églises réformées de la ville. «C'est décevant de s'entendre dire qu'on n'est pas à la maison, regrette-t-il. Je veux dire, je connais sûrement plus de choses sur la ville que la plupart des habitants de Kreuzlingen.»

Le président de la commission des naturalisations du village ne peut pas s'exprimer sur les procédures en cours, mais rappelle que les échecs sont rares. En 2016, seuls 3 candidats sur 40 ont été recalés. Il estime donc que la difficulté des questions est adaptée. Il les juge moins détaillées et précises qu'à Buchs. C'est maintenant le législatif qui aura le dernier mot.

*Moritz (nom d'emprunt)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!