Zéro déchet: Ce trentenaire lutte contre le gaspillage alimentaire grâce à des mouches

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Zéro déchetCe trentenaire lutte contre le gaspillage alimentaire grâce à des mouches

Pour nourrir durablement une population mondiale croissante, la start-up NutriFly mise sur un élevage de… mouches! Franco Bargetze, son fondateur, souhaite transformer chaque semaine 100 tonnes de déchets alimentaires en protéines d’insectes – et se qualifie déjà, en plaisantant, de «plus grand éleveur de Suisse».

par
Sebastian Sele
Franco Bargetze élève des mouches avec des déchets alimentaires, dans le but, notamment, de produire de la farine d’insecte.

Franco Bargetze élève des mouches avec des déchets alimentaires, dans le but, notamment, de produire de la farine d’insecte.

Franco Bargetze

«J’ai toujours su que je voulais créer une entreprise et faire quelque chose qui bénéficie au monde qui m’entoure, explique Franco Bargetze. Je n’aurais toutefois pas imaginé que ce serait par le biais des insectes.» Et encore moins qu’il y en aurait tout de suite des millions.

C’est un ami qui a conduit ce trentenaire vers ces petites bêtes. Il lui a parlé de la mouche soldat noire et du fait qu’avec elle, on pouvait non seulement améliorer le monde, mais aussi gagner de l’argent – un «no-brainer», souligne le jeune entrepreneur. En novembre 2020, il a donc fondé l’entreprise NutriFly.

Recyclage d’insectes avec zéro déchet

Le principe est simple: chaque année, en Suisse, près d’un tiers de tous les aliments finit à la poubelle. Ces déchets issus de l’industrie agricole et alimentaire ne devraient plus être jetés, mais se retrouver au menu des mouches. Leurs larves, qui grandissent dans une halle chauffée à 30 degrés possédant un taux humidité de 70%, sont séchées et ensuite transformées en farine, en graisse et en engrais. En d’autres termes: le gaspillage alimentaire est réduit et il en résulte un produit 100% recyclable – totalement zéro déchet. Selon les scientifiques, la farine d’insecte permettrait en outre de réduire massivement les besoins en farine de poisson et de soja, et ainsi lutter contre la surpêche dans les mers et la culture galopante du soja.

Franco Bargetze qualifie les déchets alimentaires de «courant d’écoulement secondaire», ce qui répond au principe d’«upcycling». Sur le ton de la plaisanterie, il dit se considérer déjà comme le plus grand éleveur de Suisse et du Liechtenstein. «Légalement, nos mouches sont des animaux de rente», explique-t-il, avant de nous demander en riant: «Quel autre agriculteur a des millions d’animaux?»

100 tonnes de déchets alimentaires en moins

Malgré son humour, le trentenaire ne plaisante pas. D’ici 2050, la population mondiale aura besoin de 70% de nourriture en plus. «Il faut des protéines alternatives», affirme Franco Bargetze. NutriFly vient de terminer une phase pilote de deux ans, au cours de laquelle deux tonnes de déchets alimentaires ont été traitées chaque semaine. À l’avenir, il aimerait passer à 100 tonnes hebdomadaires – mais il doit d’abord trouver des investisseurs.

Le jeune entrepreneur voit-il trop grand? «Cela peut fonctionner», souligne-t-il, convaincu. La phase pilote a en effet montré que la demande était bien là. S’il veut mener à bien ses projets, il faut que cela fonctionne. Pour lui, les insectes ne sont que le point de départ: «Un jour, les algues, les champignons et les micro-organismes seront également utilisés comme sources alternatives de protéines.»

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