Affaire Stern: Cécile B, femme vénéneuse ou amante poussée à bout?
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Affaire SternCécile B, femme vénéneuse ou amante poussée à bout?

Meurtre simple ou passionnel:
les deux thèses ont été défendues mardi lors des plaidoiries et réquisitoire.

par
Giancarlo Mariani

«Retenir le crime passionnel, reviendrait à dire qu'Edouard Stern est mort mais qu'il ne l'a pas volé», a lancé mardi Me Marc Bonnant aux jurés de la Cour d'assises. Pour l'avocat «des trois orphelins» du banquier abattu lors d'ébats sadomasochistes, «le million de dollars est le mobile de tout. Cécile B. n'a tué Edouard Stern que lorsqu'il a voulu récupérer l'argent. Elle l'a fait avec cynisme et méthode», a-t-il notamment plaidé pour justifier le meurtre simple, passible d'une peine d'emprisonnement allant de 5 à 20 ans.

Qualifiant Cécile B. de «femme vénéneuse» et entretenue depuis 20 ans, l'avocat a rappelé avec quel sang-froid elle a effacé les traces du crime et les derniers messages d'amour de son amant, harcelé son banquier et menacé la famille du défunt pour récupérer l'argent, bloqué parce qu'elle ne l'avait pas rendu comme promis.

«Cécile B. a tué Edouard Stern parce qu'il l'a poussée à bout», a rétorqué Me Pascal Maurer. «Aucune pièce ne montre qu'elle a réclamé le million», a souligné l'avocat de la défense. Pour lui, l'affaire se résume à un meurtre passionnel, passible d'une peine de 1 à 10 ans de prison, commis par une femme en plein désarroi. L'avocat décrit Edouard Stern comme un manipulateur brillant. «Elle n'avait aucune chance d'échapper à ce grand chasseur de femmes qui lui faisait croire qu'il l'aimait et qu'il l'épouserait un jour.»

Deux erreurs fatales

«Sans ces erreurs, on serait peut-être encore en train de chercher des Russes», a noté mardi le procureur général Daniel Zappelli. «Après le meurtre, Cécile B. a fermé la porte à double tour, oubliant qu’elle avait la seule clé manquante. Elle a aussi dit à son mari avoir vu le corps de Stern criblé de balles. Or le latex, qui se referme sur les plaies, ne permettait pas de voir qu’il avait été abattu», a-t-il précisé en balayant au passage la thèse du crime passionnel.

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