cinéma: «Cellule 211» rafle les prix

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cinéma«Cellule 211» rafle les prix

A l'instar d'«Un prophète» en France, l'espagnol «Cellule 211» engrange huit goyas sur fond de thématique carcérale.

par
Fred Ferrari
Juan (Alberto Amman, à g.) regarde en face les atrocités dont sont capables les prisonniers insurgés. (Photo: dr)

Juan (Alberto Amman, à g.) regarde en face les atrocités dont sont capables les prisonniers insurgés. (Photo: dr)

Il ne fait pas bon commencer son travail un jour en avance quand on est maton. Par un incroyable concours de circonstances, Juan se retrouve coincé en prison en pleine insurrection. Pour ne pas finir otage des insurgés, il n'a pas d'autre choix que de se prétendre détenu. Mais un caïd (et quel caïd!) le met à l'épreuve, le transfert d'un détenu politique complique l'affaire, et l'idée que sa femme enceinte l'attend dehors met Juan sur les braises. La situation va le pousser à bout. Jusqu'à lui faire perdre son humanité?

Dans un quasi-huis clos où la tension prend le spectateur aux tripes, le film de Daniel Monzon décrit le microcosme carcéral comme un bulldozer qui écrase tout et fait passer «Prison Break» pour un conte de fées. Le soin méticuleux apporté par Monzon à la mise en scène et un discours qui ajoute à la question morale une dénonciation des dysfonctionnements de la hiérarchie ont permis à «Cellule 211» de remporter huit goyas (l'équivalent des césars en Espagne) sur seize nominations, dont ceux de meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur (pour Luis Tosar, le caïd), meilleur espoir masculin (Alberto Amman).

Preuve s'il en faut que le monde carcéral inspire les cinéastes, puisque «Un prophète» de Jacques Audiard avait, lui, remporté neuf césars sur treize nominations. «Cellule 211» est aussi le reflet d'un cinéma ibérique qui a développé un réel savoir-faire en matière de thrillers et d'horreur.

«Cellule 211»

De Daniel Monzon. Avec Alberto Amman, Luis Tosar, Antonio Resines.

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