Genève: Cent millions de francs à investir pour verdir la ville
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GenèveCent millions de francs à investir pour verdir la ville

La commune a compilé ses projets de végétalisation pour lutter contre le réchauffement.

par
Lucie Fehlbaum
Des espaces végétalisés en pleine ville seront pérennisés.

Des espaces végétalisés en pleine ville seront pérennisés.

mpo

La ville de Genève va planter à tour de bras. Elle vient de se doter d'une bible listant ses futures actions pour lutter contre le réchauffement climatique et la pollution, le Plan stratégique de végétalisation (PSV). Dévoilé hier, il a été développé par les départements de l'environnement urbain et de l'aménagement, dirigés par Guillaume Barazzone et Rémy Pagani.

Concrètement, chaque quartier a été analysé et fait l'objet d'une fiche. On y découvre des inégalités flagrantes en matière d'accès à la nature. A titre d'exemple, un habitant des Pâquis bénéficie en moyenne de treize fois moins d'espace vert qu'une personne vivant dans l'hyper centre. Parmi les mesures pour y remédier, on compte la floraison des pieds d'arbres, des coins de rues, des préaux d'école et des toits de parking. Des expériences seront menées pour faire pousser des plantes sur les façades. Le bitume des 35 écoles de la Cité devrait être remplacé et 100 arbres seront plantés chaque année.

Le PSV, qui a été approuvé par le Canton, impose que les espaces verts soient développés en même temps que les constructions. Près de cent millions de francs devront être investis par la Ville pour ce projet d'ici à 2030, selon Rémy Pagani. «Face au réchauffement climatique, la végétalisation n'est pas une option mais une nécessité», a déclaré Guillaume Barazzone.

Quartiers inégaux

A priori, en terme de verdure, Genève semble plutôt bien lotie. Depuis 2013, l'équivalent de 7 terrains de football de prairie urbaine ont été plantés et les habitants profitent de 52 parcs et 20'000 arbres hors forêts. Mais impossible aujourd'hui de se reposer sur ses lauriers en matière de végétalisation. «D'ici 2050, la température à Genève sera celle du nord de l'Afrique actuellement, a rappelé Guillaume Barazzone. Nous devons inverser notre manière de construire, nous ne pouvons plus bâtir et placer un espace vert si la place le permet. Il faut penser ces deux aspects en même temps.» Le réchauffement climatique impose aussi des adaptations botaniques. Des espèces méditerranéennes ont notamment été privilégiées sur la plaine de Plainpalais, a illustré le magistrat Ensemble à gauche Rémy Pagani.

Pour ce dernier, un «chantier immense» attend la Ville. L'élu considère qu'une lutte contre la densité, et notamment contre les surélévations, doit être menée dans les quartiers très pauvres en verdure. Pour son collègue PDC Guillaume Barazzone, la place de la voiture en ville doit être sérieusement remise en question. «L'obligation de compenser chaque place de parc perdue est une contrainte importante. Et nos efforts doivent s'accompagner d'une diminution du trafic en ville, c'est un magistrat de centre-droit qui vous le dit.»

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