Actualisé 30.07.2014 à 20:04

GazaCent morts de plus, l'ONU désormais révoltée

L'ONU a exprimé mercredi son indignation après que des tirs d'obus israéliens sur une de ses écoles à Gaza ont tué 16 personnes qui s'y étaient réfugiées.

La journée a vu mourir cent Palestiniens au moins, ainsi que trois soldats israéliens. Les obus de char ont été tirés avant l'aube sur deux salles de classe d'une école de l'ONU, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, où s'étaient réfugiés des habitants, selon le porte-parole des services d'urgence Achraf al-Qodra. «Des enfants ont été tués alors qu'ils dormaient à côté de leurs parents sur le sol d'une salle de classe», s'est indigné le patron de l'UNRWA Pierre Krähenbühl.

Simple riposte

Une porte-parole de l'armée israélienne a déclaré que des combattants palestiniens avaient tiré au mortier depuis les environs de l'école et que Tsahal n'avait fait que riposter. «Nous continuons d'enquêter sur cette affaire», a-t-elle ajouté.

Selon des responsables de l'UNRWA, l'armée israélienne avait été prévenue à dix-sept reprises, la dernière fois quelques heures seulement avant les tirs, que l'Ecole élémentaire pour filles du camp abritait des réfugiés ayant fui les combats.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié le bombardement d'«injustifiable». L'UNRWA a dénoncé une «grave violation du droit international» par Israël et exigé que «des comptes soient rendus». Elle a réclamé «une action politique déterminée pour mettre un terme immédiat au carnage en cours». Six refuges de l'ONU ont été touchés par des frappes, selon l'agence.

Vingt-quatre tués pendant une trêve

Parmi les victimes de mercredi, 24 Gazaouis ont été tués pendant une trêve de quatre heures annoncée par l'armée israélienne. Elle avait toutefois prévenu qu'elle ne s'appliquerait pas aux zones où ses soldats «sont actuellement engagés dans des opérations».

Dix-sept personnes au moins ont perdu la vie pendant les quatre heures du cessez-le-feu sur un marché de Chajaya, une banlieue de l'est de la ville de Gaza, ont annoncé les secours palestiniens. L'attaque a aussi fait 150 blessés.

Toujours pendant la trêve, sept Palestiniens sont décédés dans un raid aérien israélien près de Khan Younès, dans le sud-est de la bande de Gaza.

Enfants et familles décimés

A Touffah, une banlieue du nord-est de la ville de Gaza, six Palestiniens, dont trois enfants, ont été tués dans un raid de chars israéliens.

Et dans le sud de l'enclave, à Khan Younès, une localité très éprouvée par les bombardements, au moins 16 personnes dont sept membres d'une même famille ont péri dans plusieurs raids. Les autres victimes sont mortes en différents endroits du territoire.

Au moins 1350 tués

Au total, côté palestinien, le bilan de 23 jours de guerre est désormais d'au moins 1350 tués et 7200 blessés selon les secours locaux, contre trois civils et 56 soldats israéliens tués.

Le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) estime que quelque 240'000 Palestiniens ont été déplacés à l'intérieur de l'enclave palestinienne par les violences. Plus de 200'000 se sont réfugiés dans 85 abris gérés par l'agence de l'ONU, les autres se trouvant chez de la famille ou des amis.

Trois soldats tués

Côté israélien, trois soldats ont été tués mercredi lors des combats alors que les sirènes sonnaient encore dans les villes d'Israël avec 23 tirs recensés par l'armée.

Deux civils israéliens et un ouvrier thaïlandais ont péri dans des tirs de roquettes depuis le 8 juillet et avec 56 tués, l'armée connaît son bilan le plus lourd depuis 2006.

Impuissance internationale

La communauté internationale semble impuissante à briser cette infernale spirale de violence. Berlin a exprimé sa «plus vive inquiétude», tandis que la France condamnait, sans incriminer Israël, le bombardement de Jabaliya. L'Algérie a annoncé étudier une «action arabe commune» avec l'Egypte et le Qatar, allié du Hamas.

Côté suisse, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a souligné dans un communiqué qu'il était «urgent que les belligérants mettent en oeuvre un véritable cessez-le-feu». Il les a appelés à respecter le principe de proportionnalité, réaffirmant son soutien aux efforts visant à apaiser la situation. (ats)

La Maison Blanche condamne le bombardement d'une école de l'ONU à Gaza

La Maison Blanche a condamné mercredi le bombardement d'une école à Gaza, déplorant que «les milliers de Palestiniens» appelés à évacuer leurs logements par l'armée israélienne ne soient pas en sécurité dans les refuges mis en place par l'ONU.

«Les Etats-Unis condamnent le bombardement d'une école de l'UNRWA (agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens) à Gaza qui aurait fait des morts et des blessés parmi des Palestiniens innocents - dont des enfants - et des employés de l'ONU», a indiqué Bernadette Meehan, porte-parole du Conseil de sécurité nationale. Au moins 16 Palestiniens qui s'étaient réfugiés dans cette école ont péri.

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