Suisse-France - Centrale du Bugey (F): Lisa Mazzone revient à la charge
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Suisse-FranceCentrale du Bugey (F): Lisa Mazzone revient à la charge

Mécontente d’une première réponse du Conseil fédéral, la sénatrice a réinterpellé Berne au sujet de la centrale nucléaire proche de Genève et dont la durée de vie a été prolongée sans consulter la Suisse.

par
Christine Talos
La centrale du Bugey (Ain), construite dans les années 70, est la plus ancienne de France. Elle est accusée par Genève de faire courir un grave danger à la population, en raison de sa vétusté.

La centrale du Bugey (Ain), construite dans les années 70, est la plus ancienne de France. Elle est accusée par Genève de faire courir un grave danger à la population, en raison de sa vétusté.

AFP.

On s’en souvient: le Conseil fédéral avait été prié par Lisa Mazzone (Verts/GE) de s’expliquer après la prolongation de 10 ans de la durée de vie de la centrale nucléaire du Bugey, la plus vieille de France, qui se situe à 70 km de Genève. La sénatrice s’inquiétait de cette décision unilatérale de la France prise sans consulter Genève, alors que le canton se bat depuis des années pour demander la fermeture de la centrale.

Dans sa réponse début juin, le Conseil fédéral s’était contenté d’indiquer qu’il avait été informé des décisions de la France mais que Berne n’avait pas été invitée à la consultation. Lisa Mazzone avait aussi demandé au Conseil fédéral de prendre position sur le sujet mais sa demande était restée lettre morte. Mécontente de la réponse fédérale et ayant le sentiment que le sujet était pris à la légère, elle est donc revenue mardi à la charge en rappelant que la vétusté de la centrale française représentait une menace pour la population genevoise.

Pas de base juridique pour le Conseil fédéral

Simonetta Sommaruga a cette fois répondu que la sécurité des centrales nucléaires françaises était discutée bilatéralement avec la France dans le cadre de la Commission franco-suisse de sûreté nucléaire et de radioprotection, dont font partie l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) et, côté suisse, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) et l'Office fédéral de l’énergie (OFEN).

La conseillère fédérale en charge de l’énergie a expliqué qu’en tant qu’autorité de surveillance technique des centrales nucléaires suisses, l’IFSN ne participait pas à des consultations avec des autorités étrangères. Mais l’OFEN auraut pu participer mais s’est abstenu de le faire, a-t-elle expliqué.

«Contrairement au canton de Genève, il n’existe pas de dispositions au niveau fédéral sur la base desquelles la Suisse peut se défendre contre des installations nucléaires étrangères. Nous n’avons donc pas la base juridique pour participer à de telles consultations», s’est justifiée Simonetta Sommaruga. «L’implication du Conseil fédéral n’est possible qu’en cas de menace immédiate pour la sécurité de la Suisse. Dans ce cas, l’OFEN a considéré que ce n’était pas le cas», a-t-elle ajouté.

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