Actualisé 04.05.2020 à 13:25

Suisse

Centre fédéral pour requérants: ce n'est pas le canton qui décide

L’Exécutif genevois n’est pas compétent pour décider si oui ou non un centre pour requérants sera construit au Grand-Saconnex. La restructuration de l’asile a été acceptée en 2016 et la décision a été prise avec Berne.

de
Lucie Fehlbaum
Le projet du futur centre fédéral pour requérants d'asile, au Grand-Saconnex (GE).

Le projet du futur centre fédéral pour requérants d'asile, au Grand-Saconnex (GE).

BBK AG

La construction d'un centre fédéral pour requérants d'asile au Grand-Saconnex (GE) suscite des oppositions. Saisi d'une motion du Grand Conseil lui demandant de renoncer à ce projet, le gouvernement n'y donne pas suite: il n'est pas compétent en la matière.

Les décisions liées à l'implantation des centres fédéraux pour requérants d'asile sur le territoire national ont été prises conjointement par la Confédération, les cantons et les communes, indique lundi le Conseil d'Etat à l'issue de sa séance. La restructuration de l'asile a aussi été acceptée par le peuple en juin 2016, précise-t-il dans le communiqué.

La motion adoptée en mars 2019 par une majorité composée de la gauche et du PDC déplorait aussi la proximité du futur centre avec l'aéroport. Cette situation pose des questions de santé publique en termes de pollution de l'air et de bruit. Selon le Conseil d'Etat, le respect des normes anti-bruit a été prise en considération dans les procédures d'autorisation de construire.

Une commission composée des représentants de tous les acteurs concernés sera mise sur pied pour accompagner la mise en route du centre, assure le Conseil d'Etat. Elle traitera plus particulièrement les questions de voisinage, comme cela est le cas pour les autres centres déjà en exploitation.

Cette infrastructure d'une capacité de 250 places accueillera des requérants en attente de l'issue de leur procédure ou de l'organisation d'un départ, soit vers un autre pays de l'espace «Dublin», soit vers leur pays d'origine. Il doit ouvrir en 2022. Des collectifs de défense des requérants manifestent régulièrement à Genève pour dénoncer ce projet qui «criminalise des personnes en situation d'exil».

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