«Certaines prostituées pensent quitter la ville»

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«Certaines prostituées pensent quitter la ville»

Les fans ivres de l'Euro inquiètent les filles de joie. Des cartes postales de prévention
seront distribuées en Suisse.

«Les supporters bourrés d'après-match vont-ils se rappeller des règles de courtoisie du client?» s'interroge une travailleuse du sexe des Pâquis. «L'arrivage de tous ces supporters me fait peur, s'inquiète de son côté Océane, également prostituée à Genève. Les hommes ivres sont souvent violents.»

D'autres filles partagent cette angoisse. Certaines pensent même quitter la ville pendant l'Euro. D'autres espèrent avoir plus de travail. «Juin est un mois creux. L'Euro va nous ramener plus de clients, souligne Patricia, prostituée indépendante. Mais elle aussi craint les hommes qui ont trop bu. C'est pour ça qu'elle ne travaillera pas la nuit. Pour éviter les dérapages, l'Association suisse contre le sida lance sa campagne de prévention ciblée sur les supporters-clients du sexe tarifié. Ainsi 145 000 cartes postales seront distribuées en différentes langues dans les villes hôtes de l'Euro dès le 7 juin.

Cinq règles de respect envers les prostituées sont rédigées au dos des papillons. Aspasie, l'association de défense des personnes travaillant dans les métiers du sexe, soutient cette campagne et distribuera les flyers lors de trois soirées avant les matches et à la plaine de Plainpalais. «La prévention est toujours utile, car elle permet un instant de réflexion», précise Marie-Jo Glardon, coordinatrice d'Aspasie.

Sabrine Gilliéron

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