Parti bourgeois-démocrate: Certains abusent du droit d'initiative, selon Landolt
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Parti bourgeois-démocrateCertains abusent du droit d'initiative, selon Landolt

Le président du Parti bourgeois-démocratique (PBD) Martin Landolt (GL) a exprimé des doutes, samedi, sur la multiplication des initiatives populaires.

Devant les délégués de son parti réunis à Thoune (BE), le conseiller national Martin Landolt se demande si l'on n'abuse pas de ce droit. Le parti a encore adopté plusieurs mots d'ordre. «Je suis le dernier à m'opposer à consulter les citoyens», a dit Martin Landolt. Mais pour nombre d'initiants, il s'agit bien davantage de profiler leurs propres idées que de mener à bien un texte, a-t-il ajouté.

Beaucoup de ces initiatives remettent en question les conditions cadre et les facteurs de succès de la Suisse, a-t-il renchéri. D'après lui, la place helvétique est sous la menace d'initiatives dommageables de la gauche et de la droite. Au contraire, des partis du centre, à l'image du PBD, s'engagent en faveur de cette place helvétique. Plutôt que de s'agiter, ils préfèrent mettre en place une politique pragmatique et réaliste, a encore déclaré le président du PBD.

«Oui» au FAIF et «non» à l'arrêt du financement de l'IVG

Les quelque 160 délégués du PBD recommandent de soutenir le projet de financement ferroviaire (FAIF) et de rejeter l'initiative visant à supprimer le remboursement de l'avortement par l'assurance de base, deux des objets soumis au vote le 9 février. Ils ont approuvé le projet FAIF par 152 voix contre 10, non sans cacher que le trafic routier individuel a besoin d'un instrument similaire dans une prochaine étape. La ministre des transports Doris Leuthard l'a promis, a lancé le conseiller national bernois Hans Grunder. Il s'agit maintenant pour elle de tenir sa parole, a-t-il ajouté.

Nette majorité

C'est aussi avec une nette majorité, par 147 voix contre 2, que les délégués du PBD veulent que l'interruption volontaire de grossesse continue d'être prise en charge par l'assurance de base. Selon le PBD, l'initiative n'apporte pas d'économies, créant au contraire une plus grande bureaucratie. Elle discrimine les femmes et met en péril le principe de solidarité, précise encore le parti gouvernemental. Quant à l'initiative contre l'immigration de masse lancée par l'UDC, le PBD avait déjà adopté son mot d'ordre l'an dernier: un «non» sans équivoque. Les délégués se sont aussi penchés sur un scrutin populaire ultérieur. Les bourgeois-démocrate ont estimé par 159 voix contre 2 que l'initiative sur les salaires minimum devait être écartée car la politique salariale doit rester l'affaire du partenariat social et non de l'Etat.

Ne pas mettre la BNS sous pression

Au cours d'une table ronde avec la directrice des finances bernoises Beatrice Simon, la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf est revenue sur l'annonce faite lundi par la BNS de ne pas verser de dividendes aux cantons en raison des pertes entraînées par la baisse de la valeur de l'or. «Il est clair que la Banque nationale n'est pas obligée de distribuer des dividendes aux cantons», a souligné Eveline Widmer-Schlumpf. Quant à la supression de l'actuelle convention de distribution, dont l'idée est évoquée ces jours, la ministre des finances n'en pense pas le plus grand bien. Si on accepte parfois de recevoir plus, parfois moins ou quelques fois pas d'argent de la BNS, je ne vois pas de problème, a dit la ministre. Ce système a fonctionné pendant ces 20 dernières années. Selon elle, on ne devrait pas maintenant mettre trop la pression sur la Banque nationale.

Engagement en faveur de l'éducation

Enfin, les délégués ont adopté un papier de position en faveur de l'éducation. «Le système suisse de formation est fondamentalement bon», a déclaré la conseillère nationale zurchoise Rosmarie Quadranti. Mais il doit continuer à s'adapter pour rester de haute qualité, a-t-elle souligné. Des réponses devront être trouvées pour faire face à la pénurie de compétences qui s'annonce sur le marché du travail. Déjà à l'école primaire, l'intérêt pour les mathématiques, les sciences, l'ingénierie et l'informatique devrait être stimulé. «L'éducation doit être passionnante dès le début», a souligné Rosmarie Quadranti. (ats)

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