Suisse: Certains coûts de l'asile ont presque doublé
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SuisseCertains coûts de l'asile ont presque doublé

En 2011, la Confédération a dépensé plus de 440'000 francs pour la venue en Suisse de requérants d'asile, contre 230'000 en 2010.

Les coûts pour la venue en Suisse de requérants d'asile ont presque doublé l'an dernier. La Confédération a dépensé plus de 440.000 francs dans ce but en 2011, contre 230.000 en 2010, selon les chiffres de l'Office fédéral des migrations (ODM) publiés dans la presse dominicale. Le monde politique évolue également face à cet afflux et même les élus de gauche des gouvernements cantonaux adoptent une ligne plus dure.

Ce sont essentiellement les réfugiés d'Erythrée qui profitent de la prise en charge des coûts du voyage en Suisse, a expliqué la «NZZ am Sonntag». Environ 3000 ont déposé l'an dernier une demande d'asile à l'ambassade suisse à Khartum, la capitale du Soudan. Plus d'un millier ont obtenu une autorisation pour venir en Suisse durant le seul mois de décembre.

Ligne dure adoptée

Face à cet afflux, même des conseillers d'Etats de gauche, en charge du domaine de l'asile, ont adopté une ligne dure car ils estiment que ces mouvements menacent la tradition humanitaire de la Suisse, a constaté «Der Sonntag». C'est le cas par exemple de la conseillère d'Etat argovienne Susanne Hochuli (Verts) qui déclare: des réfugiés économiques viennent sans avoir aucun droit à rester dans ce pays. Elle considère qu'il faut fixer une «ligne stricte» afin de protéger ceux qui ont un motif d'asile et que ce n'est pas une question d'idéologie.

Mesures d'urgence

Ce qui est nouveau est que nous avons des gens qui font appel à un droit qu'ils ne possèdent pas: le droit d'asile, pour le conseiller d'Etat thurgovien Claudius Graf-Schelling (PS). On ne peut pas continuer comme ça, a-t-il déclaré à «Der Sonntag». Il a donc pris des mesures d'urgence contre ces requérants d'asile opportunistes: nous ne pouvons pas soutenir ceux qui trichent; nous ne devons pas menacer les vrais réfugiés, a-t-il expliqué.

Avec son collègue de Zurich Mario Fehr, le socialiste Thurgovien a misé sur les interdictions de périmètre. Les requérants d'asile récalcitrants ne peuvent plus pénétrer dans certaines régions. Plus d'une centaine de décisions de ce type ont été pris en Thurgovie en 2011. Dans le canton de Zurich, il en tombe 10 à 20 par mois et environ une centaine par année, a précisé à «Der Sonntag» Urs Betschart, chef de l'Office cantonal des migrations. Les conseillers d'Etats de gauche sont unanimes: les demandeurs d'asile tunisiens doivent rentrer chez eux aussi vite que possible. «Pratiquement 100% des demandes d'asile de Tunisiens sont rejetées», a souligné Claudius Graf-Schelling. (ap)

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