Genève – Certificat Covid: l’Uni saisie d’un recours
Publié

GenèveCertificat Covid: l’Uni saisie d’un recours

Une opposition à l’obligation du certificat a été déposée cette semaine par des étudiants. L’effet suspensif a été demandé.

par
Maria Pineiro
Depuis le 13 septembre dernier, il faut être vacciné, guéri du covid ou testé pour accéder aux cours et aux bibliothèques de l’université et des hautes écoles.

Depuis le 13 septembre dernier, il faut être vacciné, guéri du covid ou testé pour accéder aux cours et aux bibliothèques de l’université et des hautes écoles.

Lucien Fortunati/TDG

Des protestations, les étudiants opposés à l’obligation du certificat Covid pour accéder aux cours et bibliothèques de l’Université de Genève sont passés aux actes. Lundi, une quinzaine de membres de l’association «ça suffit!» ont envoyé, via leur avocat, une opposition formelle à la décision du 10 septembre dernier. Selon nos informations, deux autres oppositions ont été envoyées à la Haute école de santé et à la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture.

Liberté d’étudier

«Notre but est de promouvoir la liberté d’étudier et offrir une situation pérenne à un maximum de jeunes», a expliqué vendredi, Ugo Mazier, secrétaire de l’association ça suffit! qui souhaite le retour aux conditions d’études de 2019. L’opposition envoyée à l’Alma mater estime que la restriction d’accès à l’Université «viole» la Constitution genevoise qui garantit «le droit à l’éducation, à la formation et à la formation continue». La possibilité de procéder à des tests salivaires gratuitement sur les lieux d’études est considérée comme «une atteinte à l’intégrité physique» et de fait, n’est pas considérée comme «une alternative respectant les droits fondamentaux des étudiants ne souhaitant pas se faire vacciner».

«Cette opposition a également pour but de questionner la politique sanitaire du Conseil fédéral s’agissant de la tranche d’âge 18-30 ans. Nous regrettons les incohérences», a ajouté Ugo Mazier. Et le jeune de préciser que l’application d’une jauge comme alternative au certificat sera également combattue si une telle décision devait être prise. L’étudiant a affirmé que les opposants souhaitent que le corps estudiantin soit consulté sur les conditions d’études à mettre en œuvre.

Effet suspensif?

Selon les recourants, l’opposition entraîne automatiquement un effet suspensif, puisque «la décision querellée n’a pas été déclarée exécutoire nonobstant recours». «Cela signifie que, depuis lundi, je peux aller en cours sur simple présentation de l’opposition», s’est réjoui Ugo Mazier. Une interprétation que réfute l’Université. «L’ordonnance Covid-19 situation particulière ne nous laisse le choix qu’entre l’adoption du certificat Covid et la réduction de la jauge d’occupation des salles aux deux tiers de leur capacité, a détaillé Marco Cattaneo, directeur de la communication. Il n’est pas possible de se passer de certificat s’il n’y a pas de mise en place d’une jauge aux deux tiers dans les salles, ce qui n’est pas le cas actuellement.»

Le porte-parole a confirmé la réception de deux oppositions, dont celle de l’association et a indiqué qu’elles étaient en cours d’analyse par le service juridique. Marco Cattaneo a par ailleurs précisé la position de l’Université de Genève: l’obligation «au certificat Covid ne nous semble acceptable que si elle est limitée dans le temps, en réponse à la situation sanitaire. Le contrôle du statut sanitaire des étudiants et des collaborateurs de l’UNIGE ne fait pas partie des missions fondamentales de l’institution que sont l’enseignement, la recherche et le service à la cité. Nous devons nous en accommoder compte tenu des circonstances très particulières que nous traversons, mais ne souhaitons pas voir cette mesure se généraliser ni se pérenniser.»

Ton opinion

86 commentaires