Genève - Certificat Covid obligatoire dans les établissements de santé
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GenèveCertificat Covid obligatoire dans les établissements de santé

Dès le 23 août, soignants en contact avec les patients et visiteurs devront montrer patte blanche ou se soumettre à des tests. Des sanctions pénales sont possibles.

Certificat COVID numérique, avec code QR attestant d'une vaccination complète. Photos d'illustration.

Certificat COVID numérique, avec code QR attestant d'une vaccination complète. Photos d'illustration.

Sébastien Anex

Vacciné, guéri ou testé. A Genève, à partir du 23 août prochain, ce sera la condition pour travailler au contact étroit de patients dans les hôpitaux, les cliniques et les EMS, ainsi qu’au sein des institutions de prise en charge de personnes handicapées, d’aînés ou de soins à domicile. Le certificat Covid-19 sera obligatoire pour le personnel et les intervenants externes, mais également pour les visiteurs de ces établissements, sauf cas exceptionnels, a annoncé le Conseil d’Etat genevois jeudi. La décision a été prise par voie d’arrêté. Il s’agit d’une première en Suisse.

Test tous les sept jours

Sans certificat Covid-19, le personnel devra se soumettre au «au minimum tous les sept jours au dispositif de dépistage mis en place par l’entreprise». Le gouvernement indique que les entreprises concernées devront «identifier le personnel concerné par les tests de dépistage» et mettre en place des procédures de testing sur site. S’agissant des coût, le Département de la santé précise que «les tests dans les centre prévus à cet effet sont couverts normalement. Les tests en entreprise sont couverts pour ce qui est du matériel, non pour le personnel qui se déplace ou pour les infrastructures».

Sanction pénales possibles

En cas de refus, que ce soit de la part du personnel ou des institutions, des sanctions pénales sont possibles «indépendamment des décisions que pourrait prendre l’institution sous l’angle des relations de travail», précise l’Exécutif. Les contrevenants risquent un contravention. Le Département de la santé estime que «la protection de la personnalité d’un soignant est secondaire par rapport à la protection de la vie ou de la santé d’une personne malade ou âgée et donc vulnérable, si la mesure ne va pas au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre le but poursuivi, ce qui est le cas».

Les syndicats ne prennent pas position

Sollicitées, les association de défense du personnel soignants ne se prononcent pas pour l’heure sur cette décision. Avenir syndical indique qu’une position sera arrêtée lors du prochain comité. Même chose du côté du Syndicat des services publics (SSP) qui ajoute regretter «que le personnel soignant soit, une fois de plus pointé du doigt alors qu’il est en première ligne depuis le début de la pandémie». Pour Quentin Stauffer, secrétaire syndical au SSP, «pour bien traiter les patients et les résidents, ce sont avant tout davantage de moyens et de dotations qui son nécessaires».

Professionnels positifs

Du côté des cliniques privées et des EMS, les principaux concernés, la mesure est plutôt accueillie positivement. «Ces derniers mois, nous avons senti une demande de la part des patients qui s’inquiétaient de savoir si le personnel soignant était vacciné», précise Rodolphe Eurin, président de Genève-cliniques, la faîtière des institutions privées. La Fédération genevoise des établissements médico-sociaux (Fegems) souligne avoir été consultée par les autorités, qui n’ont pas retenu toutes les propositions d’amendement. Néanmoins, la Fegems s’interroge sur la légitimité et les modalités d’application du contrôle sanitaire des visiteurs, à savoir familles et amis des résidents. «En vertu de quoi allons-nous pouvoir contrôler les familles et les proches des résidents?» s’interroge Anne-Laure Repond, secrétaire générale, qui note au passage que du personnel devra être affecté à cette tâche au détriment d’autres missions. les coûts liés au contrôle et au dépistage: tant les cliniques que les EMS pointent du doigt ces charges supplémentaires.. «Nous allons en discuter avec le Conseil d’Etat, souligne Rodolphe Eurin.

Cantons romands en embuscade

Pour la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales, la décision genevoise ne constitue pas une surprise. Jacques Gerber, le vice-président jurassien de la conférence latine, n'exclut pas que d'autres cantons suivent le mouvement: «Des réflexions similaires avec des spécificités cantonales sont en cours, annonce-t-il. Genève a anticipé le processus en raison de l'augmentation des contaminations. On est de nouveau sur une pente ascendante et, face à la difficulté, il faut prendre d'autres mesures que la promotion de la vaccination. Dans certaines activités , il y a une nécessité d’utiliser les instruments que nous avons à notre disposition.»

Selon le vice-président, «l'instrument le plus performant est la vaccination. Il faut que les gens se responsabilisent et, c'est trop facile, de faire du tourisme en fonction de ses intérêts. C'est le propre du fédéralisme de vivre avec des différences cantonales. il faut s'attendre à une augmentation des cas suite au retour des vacances. Qui dit augmentation des cas, dit nouvelles mesures pour éviter que les services hospitaliers soient submergés».

(mpo)

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