Scandale Google: Cerveau de la collecte illégale identifié

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Scandale GoogleCerveau de la collecte illégale identifié

Marius Milner est l'ingénieur qui a créé le code permettant aux voitures Google de soutirer des informations privées passant par les Wi-fi des foyers.

par
laf

Un ancien enquêteur au service de l'Etat a vendu la mèche. Sous le couvert de l'anonymat, il a révélé l'identité de l'«ingénieur Doe», nom d'emprunt dans la procédure qui a vu la condamnation de Google dans l'affaire des récoltes de données illégales via les réseaux Wi-fi.

Marius Milner est présenté comme l'auteur du code qui a servi à espionner les données privées de milliers de personnes, en parallèle aux prises de vue captées par les Google Cars pour le service Street View. L'homme est un informaticien reconnu pour ses compétences en matière de télécommunications, notamment dans le domaine des réseaux Wi-fi. Sur sa page LinkedIn, Marius Milner mentionne comme hobby le piratage et, parmi ses spécialités, il déclare «en savoir bien plus qu'il ne le voudrait sur le Wi-fi».

Quant à l'ancien enquêteur qui a dévoilé son nom, il n'a pas travaillé directement sur la procédure en cause, mais sur un dossier parallèle ayant aussi dans le viseur Street View.

Interrogé dimanche brièvement sur son pas de porte à Palo Alto, en Californie, Marius Milner a déclaré «ne pas pouvoir répondre aux questions», renvoyant les médias chez son avocate.

Cette dernière, tout comme Google, a refusé de commenter l'affaire.

Obstruction à l'enquête

Pour rappel, le projet Street View vise à photographier et à cartographier les rues du monde. Il impliquait aussi pour les voitures Google la collecte d'informations sur les réseaux locaux sans fil pour améliorer les recherches basées sur la localisation.

L'ingénieur de Google est allé plus loin, rapporte la FCC, en intégrant un code pour récupérer les données non cryptées qui passaient par les Wi-fi des foyers, cela entre 2007 à 2010.

Google a longtemps soutenu que l'ingénieur était seul responsable de cet aspect du projet. Mais une version complète du rapport de la Commission fédérale des communications (FCC), publiée samedi par Google, a jeté le doute sur cette explication. Marius Milner a au moins informé l'un de ses supérieurs et sept collègues qui ont travaillé sur le projet ne pouvaient pas avoir ignoré le stratagème, écrit le rapport.

A la mi-avril, la FCC avait condamné Google à une amende de 25'000 dollars pour entrave à l'enquête. La Commission avait cependant préservé l'identité de l'ingénieur en cause sous le nom d'«ingénieur Doe». Ce dernier a toujours refusé de s'exprimer durant la procédure, comme le lui autorise le 5ème amendement américain.

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