Géothermie à Bâle: «Ces accusations sont absurdes»
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Géothermie à Bâle«Ces accusations sont absurdes»

Le procès du projet géothermique bâlois a débuté mardi à Bâle. Le chef du forage a qualifié les accusations de dommages à la propriété et d'effondrement d'«absurdes».

La présidente du Tribunal pénal de Bâle-Ville a d'abord interrogé le prévenu sur son parcours professionnel. Il a fait ses études de géologie à Bâle et a travaillé onze ans pour le groupe pétrolier Shell avant de se lancer dans la géothermie.

Il a participé en 1996 à un projet de l'Office fédéral de l'énergie pour étudier le potentiel de la géothermie en Suisse. Il a été contacté en 1997 par les services industriels de Bâle-Ville (IWB) qui souhaitaient se lancer dans cette technologie.

Échec du premier forage

Le premier forage à Bâle a été réalisé en 1999. Il a été stoppé en raison de problèmes géologiques. Le deuxième forage, en 2001, a été un succès.

Malgré l'arrêt des travaux ordonné le 12 décembre 2006 par le gouvernement bâlois, le prévenu est persuadé que cette technologie de géothermie dans les roches cristallines profondes a un avenir. Bientôt un projet se concrétisera, a-t-il déclaré.

Les responsables du projet bâlois ont toujours su que des microséismes se produiraient lors de l'injection d'eau dans le forage. La possibilité que des tremblements de terre soient ressentis en surface n'a jamais été écartée.

Surpris par la puissance

Mais le prévenu a toutefois reconnu avoir été surpris par la puissance du séisme du 8 décembre 2006 (magnitude de 3,4 sur l'échelle de Richter). L'injection d'eau dans le forage a immédiatement été stoppée.

Pourquoi alors avoir réalisé ce projet dans une zone à forte densité de population et sensible sismiquement, a demandé la présidente du tribunal. Il y a trois raisons, selon le prévenu: une géologie favorable, un vaste réseau de chauffage à distance déjà existant et la volonté politique.

La population a été informée dès le début des risques possibles. Mais une erreur de communication a été commise, reconnaît le prévenu: les responsables du projet se sont contentés d'envoyer un communiqué à la presse.

Erreur de communication

Son contenu n'a pas véritablement été pris au sérieux. Rétrospectivement, estime le prévenu, il aurait fallu organiser une conférence de presse pour expliquer en détail qu'il s'agissait d'un risque de séisme et pas seulement de vibrations.

Le patron de l'entreprise de forage Geopower est le seul accusé dans cette affaire, alors qu'il n'est que le numéro 4 dans la hiérarchie. Cette société est détenue à 41,3% par le canton de Bâle- Ville et les IWB. Bâle-Campagne et Axpo figurent parmi ses actionnaires.

(ats)

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