Genève: Ces fausses alertes qui empoisonnent l'aéroport
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GenèveCes fausses alertes qui empoisonnent l'aéroport

Les services de sécurité interviennent deux fois par semaine en moyenne pour rien. Les alarmes ne restent pas sans effet.

par
Winnie Covo
Chaque alerte nécessite l'intervention des démineurs.

Chaque alerte nécessite l'intervention des démineurs.

La semaine dernière, quatre interventions pour colis suspects, dont trois durant la journée de lundi, sont venues perturber la vie de l'Aéroport international de Genève (AIG). Chaque incident a paralysé une partie du site, impliquant une gêne pour les passagers et une mobilisation policière superflue.

79 fausses alertes

En 2012, 79 fausses alertes ont eu lieu à Cointrin et dans les zones de fret, contre 63 dans tout le canton. Des chiffres qui suivent la tendance à la hausse de l'activité de l'AIG.«Même si nous n'avons jamais trouvé de bombes, tout objet suspect doit être considéré avec le plus grand sérieux», relève Bertrand Stämpfli, porte-parole de l'AIG.

Une rigueur qui n'est pas sans effet. Dès qu'un passager oublie une valise aux toilettes ou devant les taxis, ce sont au minimum trois agents spécialisés en engins explosifs (NEDEX), quatre policiers de la sécurité internationale (PSI) ainsi qu'un employé de l'aéroport qui interviennent. «Même si nous arrivons à gérer les désagréments, ce serait plus simple si les alertes diminuaient», note le porte-parole.

Manques à gagner pour les magasins

Si la PSI a un contrat de prestation avec l'aéroport, le recours à NEDEX est couvert par le budget global de la police. Les répercussions sont en revanche plus importantes pour l'AIG. «Un colis suspect découvert devant les portiques de sécurité peut provoquer des retards d'avion», explique Bertrand Stämpfli. Conséquence: les passagers se dépêchent de prendre leur vol. De quoi engendrer un manque à gagner pour les boutiques et restaurants du site.

Que risque-t-on?

Les voyageurs abandonnant un sac à l'aéroport ne sont que rarement retrouvés. Dans le cas inverse, ils peuvent risquer gros. «Une personne oubliant son bagage par mégarde ne sera pas amendée, explique Silvain Guillaume-Gentil, de la police genevoise. En revanche, dans le cas où une personne abandonnerait sciemment son bagage, elle serait vraisemblablement poursuivie.» La peine encourue serait alors de trois ans de prison au maximum.

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