Actualisé 25.03.2008 à 20:24

Ces Français qui rêvent de faire fortune en Angleterre

A vingt ans, ils ont fui la «galère» pour l'«eldorado» libéral vanté par le président
Nicolas Sarkozy.

«Ici, je peux écrire Mohamed sur mon badge, ça ne gêne personne»: Il débarque à Londres en octobre 2006, à 23 ans. Au bout de trois semaines, il décroche un poste de réceptionniste dans un hôtel. «C'était dur, les gens parlaient vite.» Mohamed s'accroche et, huit mois plus tard, on vient le chercher pour qu'il devienne «consultant emploi» dans un organisme français chargé d'aider ceux qui débarquent.

Comme lui, ils sont 15 000 chaque année à venir tenter leur chance au Royaume-Uni; ils seraient aujourd'hui 250 000 «froggies». «Ici, c'est possible de trouver du boulot en 48 heures à Londres», assure Mohamed. «Mais il faut être prêt à faire n'importe quoi.»

«N'importe quoi», c'est ce qu'a accepté Vladimir en débarquant en septembre 1997. «Je voulais éviter la galère que connaissaient mes amis.» Arrivé à Londres un dimanche, il trouve le mardi un boulot de pion au lycée français. Onze ans plus tard, à 32 ans, il est responsable pour l'Europe des programmes informatiques d'un voyagiste en ligne. «En France, cela aurait été impossible: on ne jure que par les diplômes. Ici, on est promu à la méritocratie.»

C'est le système libéral à l'anglaise qui lui «a permis d'avoir un boulot du jour au lendemain», reconnaît Thibaud, ancien plongeur devenu gérant d'un café. Mais son application à la France, il n'en veut pas. «On nous traite comme de la m...» «Il faut libéraliser la France», répond Vladimir dans le livre qui raconte son expérience, «Enfin un boulot». Il reconnaît les difficultés du libéralisme à l'anglaise: «Ici, on peut mourir en attendant un rein. En France, on peut mourir de désespoir.»

(afp)

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