Bouteilles sans étiquette: «C’est un joli coup de pub sous couvert d’écologie»
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Bouteilles sans étiquette«C’est un joli coup de pub sous couvert d’écologie»

Les informations sur le contenu de la bouteille de Valser sont directement gravées sur la bouteille de Valser. «Ce n’est pas l’étiquette qui importe dans l’écobilan», rappelle la FRC.

Les bouteilles sont de 750 ml.

Les bouteilles sont de 750 ml.

20min/Taddeo Cerletti

Depuis ce lundi, l’eau minérale Valser est disponible, dans certains supermarchés, dans une nouvelle bouteille de 750 ml sans étiquette. La marque et les informations sur le contenu sont gravées directement sur la bouteille et le code-barre imprimé sur le bouchon (lire encadré).

Coca-Cola Suisse a développé cette technologie spécialement pour le marché suisse en collaboration avec son partenaire de conditionnement, pour lutter contre la pollution au plastique. Si cela fait ses preuves, le fabricant de boissons envisage de passer à l’ensemble de l’assortiment des bouteilles en plastique sans étiquettes, annonce une porte-parole à «20 Minuten».

Toujours selon la porte-parole, cette nouvelle bouteille permet d’économiser en un an un nombre d’étiquettes en plastique qui, une fois déroulées, correspondraient à la longueur allant de Zurich à Paris, soit environ 500 kilomètres. Même si le processus de recyclage est plus simple, le gaufrage (ndlr: technique d’impression en relief) de la bouteille consomme de l’énergie – à peu près autant que pour une étiquette traditionnelle, rappelle «20 Minuten».

Un contenu qui doit être lisible

«Les étiquettes sont anecdotiques»

«Réduire les déchets est bien sûr louable. Toutefois, si vous regardez l’écobilan d’une bouteille d’eau minérale suisse, ce n’est pas son étiquette qui importe, mais d’abord le transport du lieu de vente au domicile du consommateur (40% de l’impact écologique), puis le transport du lieu de mise en bouteille au lieu de vente (25%), et enfin la fabrication des bouteilles elles-mêmes (20%). Les étiquettes sont anecdotiques, d’autant que les packs restent emballés de plastique», nuance Laurianne Altwegg, responsable environnement, agriculture et énergie de la Fédération romande des consommateurs (FRC).

Elle déplore que «le côté très greenwashing de l’annonce fasse oublier aux consommateurs le bilan écologique désastreux de l’eau en bouteille comparée à celle du robinet, qui est d’excellente qualité» et n’hésite pas à dénoncer «un joli coup de pub sous couvert de l’écologie, car parler d’étiquette plutôt que d’impact écologique, c’est un peu comme l’arbre qui cache la forêt».

Quid des étiquettes en papier?

(fpo/aze)

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