20.06.2020 à 21:04

Suisse romandeCes vendeuses qui travaillent plus pour gagner moins

Deux employées d’un commerce d’habits se plaignent de leurs conditions de travail. Pour elles, le coronavirus est synonyme de surcharge de travail et de baisse de salaire.

de
Abdoulaye Penda Ndiaye
Le secteur textile est sinistré et la crise sanitaire n’a fait qu’empirer les choses. Les vendeuses en font les frais.

Le secteur textile est sinistré et la crise sanitaire n’a fait qu’empirer les choses. Les vendeuses en font les frais.

«J’ai des enfants en bas âge et mon planning de travail est fait semaine après semaine avec, parfois, des modifications de dernière minute qui s’y ajoutent. Quand mes collègues et moi nous plaignons, l’employeur répond que les mécontents sont libres d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. C’est vrai que le secteur du textile est sinistré.» Vendeuse dans un magasin d’habits, Susana* est une mère célibataire «au bord de l’épuisement». L’irruption du coronavirus n’a pas arrangé les choses pour cette femme qui fait partie du contingent des personnes actives qu’on appelle prosaïquement les «working poor».

«Désinfecter, replier, ranger, compter le nombre de personnes…»

«Quand tu es seule au magasin, que tu dois renseigner les clients, gérer la caisse, désinfecter, replier et ranger les articles, compter le nombre de personnes présentes dans l’enseigne, cela fait beaucoup. Je ne peux même pas m’absenter pour aller aux WC. Je travaille à 100%. J’ai un statut de «cadre» mais mon salaire est inférieur à 4500 fr par mois. Et l’irruption du coronavirus n’a pas arrangé les choses.

Susana est soutenue dans son combat par le syndicat Unia. «Nous continuons de réclamer plus de temps, d’argent et de respect pour les femmes et de nous battre pour revaloriser les professions typiquement féminines comme la vente où le salaire médian est un quart plus bas que le salaire médian national. La situation est particulièrement difficile dans le commerce de détail qui n’a pas de Convention collective de travail.

Les femmes, une fois de plus, ont particulièrement souffert pendant la pandémie. Certaines ont été fortement exposées et doivent maintenant vivre avec des réductions de salaires déjà très bas, dans des professions peu protégées, précaires et très flexibles

Anne Rubin, direction secteur tertiaire chez Unia

Vendeuse à 60%, Nicole* a désormais un salaire mensuel net de 1595 fr en raison du chômage technique. En plus, à cause d’une longue pause imposée par l’employeur et qui va de 12h à 15h30, cette mère de famille rentre tard à la maison. «Avec une telle flexibilité horaire, organiser sa vie familiale devient un vrai casse-tête», peste Anne Rubin, membre de la direction du secteur tertiaire chez Unia.

Contactée par «20 minutes», la chaîne qui emploie les deux femmes n’a pas répondu à nos sollicitations.

* Prénoms d’emprunt

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226 commentaires
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Positiveattitude

21.06.2020 à 22:00

Il y a des infirmières qui travaillent 12 heurs d'affilée et qui gagnent moins que vous les vendeuses et qui ont plus de responsabilités. Qui a été au front pendant la pandémie ? Les vendeuses ou les infirmières ? Les vendeuses sont rentrées chez elles pour la plupart surtout dans l'habillement et les produits non nécessaires. Les infirmières, elles, étaient là avec la peur au ventre ce chopper cette s.....ie , au chevet des patients. Arrêtez de vous plaindre les vendeuses.

Patriotisme Non survie

21.06.2020 à 13:20

Avant j’étais pauvre. Maintenant je suis frontalier!

Sauve qui peut

21.06.2020 à 12:35

Ça ne vaut plus la peine de rester dans ce pays prenez votre argent et loin. Le peu de santé qui nous reste allez au moins profiter du soleil