Vaud - «C’est dommage de couper les ailes à la nouvelle génération»
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Vaud«C’est dommage de couper les ailes à la nouvelle génération»

Dès la rentrée d’août, le Canton élargira l’offre de la formation pour adultes, au détriment de l’association du Gymnase du Soir. Mais lundi, la conseillère d’Etat Cesla Amarelle s’est montrée ouverte à un projet pédagogique alternatif.

par
Lauren von Beust

Cela a été annoncé à la fin du mois de mai: le Département vaudois de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) va élargir l’offre de la formation pour adultes en regroupant toutes les prestations au Gymnase pour adultes (GyPAd), dont les cours sont dispensés sur le site de Chamblandes, à Pully (VD). Tout cela au détriment de l’association du Gymnase du Soir (GYS), fondée en 1965, rapportait «24heures», début juin. Depuis trois ans, le GyPAd comprend une école de culture générale et de commerce. Dès la rentrée d’août, il proposera une filière maturité gymnasiale, jusque-là assurée par le GYS.

Hypothèses de survie

«On a arrêté de se battre pour le maintien de l’institution, mais on se bat pour les prestations», a déclaré mercredi Olivier Maggioni, directeur du GYS. L'Etat attend en effet de l’association qu’elle poursuive les formations en cours, soit jusqu’en 2024-2025, mais qu’elle n’en propose plus de nouvelles à la rentrée de septembre.

Au Gymnase du Soir, les cours sont délivrés du lundi au jeudi entre 18h30 et 21h45. 

Au Gymnase du Soir, les cours sont délivrés du lundi au jeudi entre 18h30 et 21h45.

Lundi, le Gymnase du Soir, qui délivre des cours du lundi au jeudi au Gymnase Provence à Lausanne, a présenté deux hypothèses de survie au Canton; soit ce dernier s’occupait de reprendre à sa charge toutes les formations en cours du GYS, soit il envisageait l’idée d’une formation par tutorat à distance, en complément de l'offre du Gymnase pour adultes. Cesla Amarelle, cheffe du Département de la formation, a manifesté une claire
ouverture à l’égard du projet pédagogique GYS 2.0, informe l’association, mercredi, dans un communiqué.

La conseillère d’Etat a proposé l’établissement d’une nouvelle convention, d’une durée de trois ans. Celle-ci prévoit, comme le demandait le GYS, le financement de ce nouveau dispositif pédagogique, ainsi que sa mise en œuvre, dès la rentrée 2022 pour une période probatoire de deux ans. «Il n’y aura pas de diminution du travail personnel, mais moins de contraintes pour les étudiants. Ce tutorat leur donnera davantage de flexibilité», complète Olivier Maggioni.

Deux approches différentes

Bien que les deux institutions poursuivent le même but, leur programme de formation diffère. Au Gymnase de Chamblandes à Pully (VD), les étudiants ont une demi-journée de cours en plus, soit le vendredi après-midi, à partir de 15h45. Les autres soirs de la semaine, la leçon débute à 18h10, au lieu de 18h30 à Lausanne. À en croire l’expérience des étudiants du GYS, ce planning n’est pas adapté à tous les profils.

«Les gens qui ont un travail important à côté ne pourront pas suivre les cours à Pully. C’est vraiment une perte pour le Canton», estime Juliana, 34 ans, étudiante en 3ème année maturité. Pour mener à bien la formation, le GyPAd recommande en effet que l’activité professionnelle se situe entre 50 et 70%. Si l’institution est ouverte à tous à partir de 20 ans, à Chamblandes, les élèves ont, en moyenne, entre 25 et 30 ans. «On a créé l’école autour des besoins de la population, et pas le contraire», renchérit le directeur du GYS.

De son côté, le directeur général de l’enseignement post-obligatoire, Lionel Eperon, ajoute que «plusieurs scénarios sont discutés entre le Gymnase du Soir et le DFJC concernant les formations préalables pour l’admission à l’Université, données exclusivement par le Gymnase du soir».

On trouve des étudiants de tout âge au Gymnase du Soir. 

On trouve des étudiants de tout âge au Gymnase du Soir.

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