Thérapie avec un chien – «C’est Dubaï qui a le plus aidé à mon rétablissement. Il va me manquer…»
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Thérapie avec un chien«C’est Dubaï qui a le plus aidé à mon rétablissement. Il va me manquer…»

À l’Hôpital fribourgeois, à Riaz, un labrador apporte aux patients la motivation et la force d’accomplir leurs exercices de physiothérapie. Chien d’assistance du nom de Dubaï, ce dernier leur donne confiance en eux.

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Lauren von Beust/sbx

«C’est Dubaï qui a le plus aidé à mon rétablissement. Il va me manquer…» confie Charline, 11 ans, les yeux rivés sur le labrador. Cette jeune Bulloise s’est fait une entorse à la cheville il y a quelques semaines. Mercredi, elle est venue suivre sa dernière séance de physiothérapie à l’Hôpital fribourgeois (HFR), à Riaz. Elle tenait à ce que celle-ci tombe le jour de son anniversaire. Car Dubaï a été pour elle un cadeau. «Il lui a donné confiance en elle. Elle était motivée à venir à toutes les séances. Avec un tel bonus, si elle l’avait pu, elle serait venue tous les jours!» lâche à son tour Laurence, mère de Charline.

Pendant une quarantaine de minutes, la fillette focalise son attention sur le chien et oublie sa douleur lors des exercices. Elle guide l’animal et le câline à tout va, sous le regard bienveillant de Valérie Currat, physiothérapeute et propriétaire de Dubaï.

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20min/Sébastien Anex
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«Il les motive et les stimule»

Ce dernier a rejoint l’hôpital il y a 5 mois. Issu de la fondation Le Copain, basée à Granges (VS), ce labrador de bientôt 3 ans suit 4 à 6 patients par jour, et généralement sur des périodes de 3 à 4 semaines. «Il les motive, les stimule, leur apporte de la joie et rend leurs exercices plus faciles. Il y a un côté ludique à travailler avec Dubaï», explique Valérie Currat, qui a lancé la cynothérapie au sein de l’établissement fribourgeois. L’HFR fournit les croquettes et paie les frais de vétérinaire. Un total d’environ 1000 francs lui est donc alloué chaque année.

Notamment utile aux personnes en traitement ambulatoire, ce chien d’assistance l’est également pour les patients en réadaptation gériatrique. Un peu plus tôt dans la journée, celui que l’on surnomme «Doudou» ou «Doubi» a accompagné Éliane Piller. Cette patiente âgée de 76 ans souffre d’un trouble de l’équilibre, après avoir fait plusieurs chutes à son domicile. «Depuis qu’il y a Dubaï, je n’ai plus peur de tomber. Il m’apporte la sécurité et la force», rapporte-t-elle.

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Règles d’hygiène «strictes»

En Suisse, les HUG proposent également la cynothérapie. Les chiens contribuent à rééduquer des victimes d’accidents cérébraux. Si de nombreuses études démontrent que la présence d’un animal augmente l’engagement du patient dans sa thérapie, «il a tout de même fallu convaincre la hiérarchie de l’accueillir», glisse Valérie Currat.

Si le personnel a bien accepté le nouveau venu, ce dernier reste soumis à des «règles d’hygiène strictes» dans l’hôpital: «Visites régulières chez le vétérinaire, brossage du poil quotidien, brossage de dents chaque semaine…» détaille sa maîtresse. Et l’accès aux chambres des patients lui est interdit. «S’il a été formé pour ouvrir les portes, il n’a pas le droit de toucher celles de l’hôpital, c’est pourquoi on accroche une corde à la poignée», poursuit la physiothérapeute.

Avec la création de futurs centres de santé HFR dans les régions, dont le premier devrait ouvrir en avril prochain, cette dernière souhaiterait pouvoir développer son activité avec Dubaï, et notamment la prise en charge en pédiatrie. Mais elle reste consciente que ces exercices le fatiguent: «Il ne travaille qu’à 50%, car il a besoin de beaucoup de repos. Le reste du temps, il vit sa vie comme tous les autres chiens.»

Pourquoi un labrador?

La fondation valaisanne Le Copain éduque les chiens d’assistance pour personnes handicapées, épileptiques ou diabétiques. Sélectionnés à l’âge de 2 mois, ceux-ci sont placés pendant un an et demi en famille d’accueil pour être socialisés. Des éducateurs du centre valaisan terminent ensuite la formation de ces labradors ou golden retrievers en leur apprenant les ordres de base – rapporter les objets, ouvrir et fermer les portes et placards, etc. «On ne travaille qu’avec cette race, car ces chiens sont très joueurs et font preuve d’une grande capacité d’adaptation», explique Aurélie Douay, directrice de la fondation. Entre 10 et 16 animaux sont remis chaque année à des personnes, dont la santé nécessite une aide au quotidien. Le coût de l’animal varie entre 35’000 et 40’000 francs, selon les besoins.

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