Winterthour: «C’est le sort qui choisit qui sera vacciné tout de suite»
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Winterthour«C’est le sort qui choisit qui sera vacciné tout de suite»

Les premiers médecins généralistes de la région de Winterthour ont reçu chacun 100 doses du vaccin contre le coronavirus. La petite quantité nourrit un dilemme éthique.

par
jbm
Pas assez de doses, trop de personnes éligibles: les médecins de Winterthour doivent opérer des choix.

Pas assez de doses, trop de personnes éligibles: les médecins de Winterthour doivent opérer des choix.

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Les médecins de famille de Winterthour et sa région ne sont pas à envier rapporte «Der Landbote». Beaucoup voudraient vacciner, mais n'ont pas encore reçu le vaccin contre le Covid. D'autres l’ont dans leurs frigos, mais seulement 100 doses par cabinet. Dans la plupart des cas, c’est beaucoup trop peu pour vacciner tous les patients à haut risque. Cela conduit à un dilemme éthique pour certains praticiens.

Mark Schärer est un des médecins interrogé par le journal alémanique. «Il est vrai que Berne a établi des critères et des directives clairs pour déterminer qui doit être vacciné en premier. Mais le fait est que nous avons plus de 600 patients âgés de plus de 75 ans. Parmi ceux-ci, la plupart présentent des facteurs de comorbidité qui engendreraient de graves conséquences s’ils contractaient le virus. Cela signifie qu'il faut choisir qui vacciner en premier. C'est un problème éthique délicat et finalement un dilemme insoluble, parce que nous n'avons tout simplement pas encore assez de doses pour vacciner tout le monde.»

Le sort décide

Le cabinet de Jean-Jacques Fasnacht à Marthalen fait partie des 165 cabinets médicaux du canton de Zurich, sur un total de 6000, qui ont été choisis pour recevoir le premier lot de vaccins de Moderna. Le médecin est également bien conscient du dilemme éthique décrit par son collègue. «Plus de 500 patients de mon cabinet répondent aux critères définis par le gouvernement fédéral pour ceux qui devraient être vaccinés en priorité» explique-t-il. Certains ont le même âge et les mêmes pathologies préexistantes, ajoute-t-il. «A qui dois-je donner les doses de vaccin maintenant? Pour éviter un cas de conscience, je laisse donc certains patients décider par tirage au sort qui sera vacciné!»

Pour d’autres praticiens, dont la patientèle est plus jeune, le problème ne se pose pas. Reste que cette vaccination provoque un surcroit de travail administratif et de conseil. Et dans certains cabinets le téléphone n’arrête pas de sonner.

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