France - «C’est un être humain qui a été massacré»
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France«C’est un être humain qui a été massacré»

À une semaine du premier procès de Nordahl L., accusé du meurtre du caporal Arthur Noyer, les parents de la victime témoignent pour la première fois.

Ils sont toujours restés extrêmement discrets. Quatre ans après la mort de leur fils Arthur, Cécile et Didier témoignent pour la première fois, à une semaine de l’ouverture du procès de Nordahl L., meurtrier présumé de leur fils. Le jeune caporal de 23 ans avait disparu le 12 avril 2017 à Chambéry (Savoie), après une soirée passée à faire la fête avec des amis. Les restes de son crâne avaient été découverts par un promeneur en septembre 2017, en pleine affaire Maëlys.

Mis en examen pour meurtre, Nordahl L. sera jugé devant la Cour d’assises de la Savoie à Chambéry. Il a reconnu avoir fait monter le jeune homme dans sa voiture, mais nie l’avoir intentionnellement tué. Selon la version du trentenaire, Arthur Noyer est mort accidentellement sous ses coups de poing lors d’une bagarre. Une explication qui ne convainc absolument pas les parents de la victime, qui espèrent que la vérité éclatera lors du procès. «Nous sommes prêts. Et nous sommes en mode guerrier. Nous allons au tribunal pour que justice soit rendue», confie Cécile Noyer au «Parisien».

«On va faire face à l’assassin»

Les parents du jeune caporal assurent ne pas appréhender le fait de se retrouver dans la même pièce que Nordahl L. «On va faire face à l’assassin. Nous ne sommes pas effrayés pas qui que ce soit», affirme le père d’Arthur, qui refuse de désigner le meurtrier présumé de son enfant par son nom. «Je l’appelle «l’autre» et je continuerai à l’appeler «l’autre» jusqu’à ce qu’il soit éventuellement touché par une sorte de grâce et qu’il admette qu’il est réellement l’assassin de notre fils», explique Didier Noyer.

Si le couple espère enfin connaître la vérité sur la mort d’Arthur, il ne se fait pas beaucoup d’illusions sur l’attitude de Nordahl L.: «L’autre» a d’abord nié pendant des mois. Après, il a dit qu’il avait pris Arthur en stop et qu’il l’avait déposé quelque part vivant. Avant de reconnaître qu’il l’avait tué mais que c’était un accident. En fait, je n’attends rien de (lui) durant ce procès», poursuit le père du caporal, qui reste persuadé qu’il s’agit d’un assassinat et non d’un meurtre.

«Nous, on a pris perpétuité»

Malgré la douleur, Didier et Cécile Noyer s’efforcent d’aller de l’avant pour honorer la mémoire de leur fils: «C’est terrible d’enterrer son enfant. Arthur nous manque. On ne le reverra plus. Nous, on a pris perpétuité», glisse la mère de la victime. «Si «l’autre» pouvait au minimum prendre aussi perpétuité, ce serait peut-être pas mal», poursuit Didier Noyer. «C’est un être humain qui a été massacré. À qui on a arraché la vie», ajoute-t-il.

Nordahl L. devrait être jugé pour le meurtre de la petite Maëlys début 2022. Les parents d’Arthur auront une pensée pour la fillette, enlevée et tuée par l’ex-militaire en août 2017. «On sait ce que ses parents ont pu endurer. Ils sont comme nous. Les deux affaires sont liées par le même assassin. Maëlys ne sera donc pas loin durant ce procès», confie Cécile Noyer.

(joc)

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