Genève – «C’est un peu le patrimoine de Versoix, c’est triste»

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Genève«C’est un peu le patrimoine de Versoix, c’est triste»

Les badauds sont venus samedi constater les dégâts de l’impressionnant incendie, qui a sinistré la veille un immeuble du centre de Versoix.

par
Léonard Boissonnas
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Le petit immeuble a été ravagé par les flammes.

Le petit immeuble a été ravagé par les flammes.

leo/20min
Un sentiment de tristesse habitait les badauds ou clients du tea-room au lendemain du sinistre.

Un sentiment de tristesse habitait les badauds ou clients du tea-room au lendemain du sinistre.

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Le balcon, en piteux état, a dû être enlevé car il menaçait de s’écrouler.

Le balcon, en piteux état, a dû être enlevé car il menaçait de s’écrouler.

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L’odeur, portée par la bise qui soufflait encore fort samedi matin, rappelle à chacun l’événement survenu la veille au cœur de Versoix. Un petit immeuble historique du centre a été la proie des flammes, qui en ont détruit une très grande partie. Sur place, des pompiers, des agents de sécurité et des policiers sont postés ou s’affairent encore autour du lieu sinistré. Et les passants et badauds marquent un temps d’arrêt, sortent téléphone ou tablette pour photographier la façade noircie.

«Ça sent le brûlé, hein», glisse un garçon à son père. Habitant de la commune voisine de Collex-Bossy, celui-ci était un client régulier du salon de thé situé au rez-de-chaussée: «C’est un tea-room que je fréquentais, avec le petit et sa maman, raconte-t-il. J’y venais aussi quand j’étais enfant. Cela m’inspire une certaine tristesse de voir ça. J’espère que la famille Cartier pourra trouver un autre local.»

«J’ai même eu un peu peur»

Egalement cliente occasionnelle du tea-room, une dame logeant dans un immeuble à proximité a tout vu depuis sa fenêtre: «Le feu était violent, je ne pensais pas que cela durerait aussi longtemps, j’ai même eu un peu peur, dit-elle. On ne sait trop quoi dire. Je connaissais la maman qui habitait au dernier étage avec ses deux garçons. Je suis choquée.» Une native de la ville lacustre, aujourd’hui installée à Collex-Bossy, déplore aussi: «C’est un peu le patrimoine de Versoix, c’est triste pour les gens qui ont tout perdu», réagit-elle.

Justement les parents de l’un d’eux, un jeune homme qui tenait un magasin de cycles et de scooters, contemplent le bâtiment et les stigmates de l’incendie, visiblement dépités: «Mon fils s’y est installé en 2020, relate sa mère. Il était en train de travailler quand c’est arrivé. Dans son magasin, il y a de l’eau partout et ça sent la fumée. Il est choqué bien sûr, avec tout ce que cela représente.»

Balcon découpé au chalumeau

Sur place également, après une nuit sans repos, le commandant des pompiers genevois, le lieutenant-colonel Nicolas Schumacher, explique tout le travail qu’il a fallu engager pendant la soirée de vendredi et une bonne partie de la nuit: «Nous avons dû employer une autogrue et des moyens pour enlever la charpente et la toiture, qui nous empêchaient d’éteindre les foyers résiduels, détaille-t-il. Nous avons dû aussi enlever le balcon qui tombait. Nous l’avons sécurisé, découpé au chalumeau puis déposé à côté», poursuit l’officier, en désignant la structure très abîmée, installée dans une ruelle interdite d’accès. La cheminée du bâtiment, quant à elle, a dû être coupée et étayée. Elle sera démontée ultérieurement.

Jusqu’à 3h du matin

Une vingtaine de sapeurs professionnels ont œuvré jusqu’à 3h du matin. Ils ont été appuyés par dix pompiers volontaires de Versoix jusqu’à 2h. Cinq d’entre eux sont restés sur place ensuite pour assurer la sécurité des lieux. «Nous entrons maintenant dans une phase d’enquête avec la police scientifique», indique le commandant des pompiers.

L’incendie s’est déclaré vendredi en début d’après-midi; il a fait six blessés parmi les pompiers, dont quatre ont été conduits à l’hôpital. Une soixantaine de sapeurs ont été mobilisés. Il leur a fallu près de deux heures pour maîtriser le sinistre, qui a conduit à la fermeture de la route de Suisse dans Versoix jusque dans la soirée.

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