Mollens (VD) - «Cette action, c’est un cri… d’horreur»
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Mollens (VD)«Cette action, c’est un cri… d’horreur»

Des éleveurs et des bergers vaudois ont symboliquement allumé un grand feu, vendredi soir à Mollens, pour faire part de leurs émois face aux attaques de loups dont ils sont victimes depuis juillet.

par
Fabrice Zwahlen
Près de 250 personnes ont vécu cette soirée symbolique, au coin du feu.

Près de 250 personnes ont vécu cette soirée symbolique, au coin du feu.

LDD

«Le phénomène date d’une vingtaine d’années (ndlr: 1995) en Valais, on le découvre aujourd’hui dans le canton de Vaud». Depuis début juillet, près d’une attaque de loups par semaine (ndlr: on parle d’une dizaine de cas en deux mois et demi) a été recensée dans la région du Jura-Nord vaudois. Au total, douze bovins ont perdu la vie.

Pour sensibiliser la population et les décideurs politiques à cette situation, les éleveurs de la région ont choisi d’allumer un feu géant, hier vendredi. «Cette action, c’est un cri d’horreur, pas encore de ras-le-bol, raconte l’agriculteur et éleveur, Claude-Alain Gebhard. Mes collègues sont psychiquement atteints dans leur santé. Souvent, ils pleurent. Ils sont choqués, révoltés par ce qui se passe.» Pour l’occasion, les organisateurs de la manifestation se sont greffés sur l’Association pour la gestion des grands prédateurs, coordinatrice de plusieurs de ces feux à travers la Suisse et l’Europe. Pour le député Vert libéral, cette réunion publique doit être le prélude à une rencontre entre les éleveurs et le Canton.

Tirs de deux loups validés

Pour la première fois de son histoire, début août, l’État de Vaud avait demandé à l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), une autorisation pour abattre deux loups soupçonnés d’avoir dévoré des animaux de rente, au Marchairuz. L’OFEV a validé la démarche, estimant que (seuls) trois ou quatre attaques étaient le fait de loups. Avec ces tirs de régulation, le Canton veut réduire la grandeur la meute qui serait composée d’une dizaine de canidés. «Effectuer un tir de ce genre ne changerait rien, sur le fond. Mieux vaudrait capturer les loups et les déplacer dans des territoires plus vastes, comme dans l’Est de l’Europe», exprime Claude-Alain Gebhard.

Comme ses collègues, l’habitant de Vaux-sur-Morges espère une indemnisation rapide pour les bovins tués et une régulation de la population du loup, sous une forme ou l’autre. L’éleveur propose également de former des alpagistes et des gardiens de bétails «afin de remettre des humains sur le terrain et ainsi mieux lutter contre la prolifération des loups et des sangliers.»

Enfin, Claude-Alain Gebhard prône l’utilisation d’ânes de protection pour les troupeaux. «Cela fait dix ans que j’en possède et je n’ai pas subi d’attaque», avoue-t-il. L’utilisation de chiens de garde et de clôtures est aussi étudiée par certains professionnels.

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