Fichiers pédophiles: «Cette affaire a pris une proportion épouvantable»
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Fichiers pédophiles«Cette affaire a pris une proportion épouvantable»

Le procès de l'ex-cadre de la Radio romande a abouti à une suspension d'audience, hier. Son épouse est venue témoigner.

par
Frédéric Nejad

Un juge d'instruction avait infligé en décembre à Henri* 10 jours-amendes à 100 fr. avec sursis pendant deux ans pour avoir téléchargé sur internet des images pornographiques dures. Il avait fait recours. S'il reconnaît avoir téléchargé des images de jeunes femmes nues dans des poses très suggestives sur des sites pornos, l'ex-adjoint de la direction de la Radio suisse romande (RSR) jure que tout était légal. Et le transfert des fichiers litigieux sur un serveur au travail dû à une synchronisation involontaire avec son smartphone. Le procureur général souligne qu'il avait reconnu lors de l'enquête avoir été un temps «attiré par de très jeunes femmes», sans pour autant ressentir des penchants pour des adolescentes. Or, sur les plus de 300 images pornos retrouvées à la RSR, 13 mettaient en scène des filles de 12 à 15 ans (mais sans objet dans leur sexe, contrairement à ce que l'informaticien de la RSR Jorge Resende affirmait). Ce sont ces photos qui tombent sous le coup de la loi. En larmes et en colère, Henri a clamé son aversion pour la pédophilie. Alors d'où viennent ces photos? Sa femme est venue témoigner de l'honnêteté et de l'exemplarité du mari et du père qu'est Henri: «Cette affaire a pris une proportion épouvantable, cela juste pour quelques images retrouvées de manière regrettable à la RSR.»

*prénom d'emprunt

Une enquête bâclée?

Regrettant la «faiblesse du dossier d’enquête» en sa possession, le procureur général Eric Cottier a demandé hier une mesure d’enquête complémentaire. Objectif: pouvoir «enfin» analyser les images litigieuses découvertes à la RSR et séquestrées par la police sur des clés USB. Et confronter l’accusé à leur visionnage pour qu’il désigne lesquelles il reconnaît avoir téléchargées volontairement.

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