Attentat de Nice: «Cette entreprise maléfique échouera»

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Attentat de Nice«Cette entreprise maléfique échouera»

Un hommage national a été rendu aux victimes de l'attentat à Nice en présence de François Hollande.

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Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)

Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)

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Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)

Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)

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Vingt-deux personnes intervenues pendant l'attaque de Nice ont reçu dimanche la Légion d'honneur. (1er janvier 2017)

Vingt-deux personnes intervenues pendant l'attaque de Nice ont reçu dimanche la Légion d'honneur. (1er janvier 2017)

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François Hollande a rendu samedi un hommage solennel aux 86 victimes de l'attentat de Nice - dont trois Suissesses - survenu il y a trois mois sur la Promenade des Anglais. La classe politique a mis ses différends entre parenthèses malgré la campagne pour 2017.

Le président français a profité de cette cérémonie sur les hauts de Nice pour insister sur la nécessité d'union dans un pays traumatisé par une série d'attentats depuis janvier 2015. «La visée monstrueuse des terroristes» consiste à «déchaîner la violence pour faire naître la division», mais «cette entreprise maléfique échouera: l'unité, la liberté, l'humanité, au bout du compte prévaudront», a-t-il martelé.

Selon lui, l'attaque du 14 juillet dernier visait «l'unité nationale» mais aussi «l'hospitalité» d'une ville qui attire des touristes par millions pour sa «douceur de vivre».

Le drame a fait voler en éclats l'union nationale qui avait prévalu depuis l'attentat contre Charlie Hebdo. L'opposition de droite et d'extrême droite, bien implantées dans le sud-est du pays, avaient accusé le gouvernement de laxisme dans sa réponse antiterroriste.

Quatre jours après le carnage provoqué par un camion de 19 tonnes fonçant à toute allure sur l'une des plus célèbres promenades du monde, le Premier ministre Manuel Valls avait été copieusement hué lors d'un rassemblement en mémoire des victimes à Nice.

Marine Le Pen présente

Le drame a aussi creusé le fossé avec les musulmans de France. Pendant l'été, des maires de la Côte d'Azur ont interdit le port du burkini sur leurs plages, avant que la justice ne leur donne tort.

Mais samedi, l'heure était à la concorde. «En dépit des épreuves, des drames, des larmes, il n'y a ici pas de haine mais une volonté farouche de porter encore plus haut les valeurs d'humanité, de solidarité, de fraternité», a déclaré François Hollande, alors que le silence était respecté par les invités présents par centaines.

Parmi les personnalités se trouvaient plusieurs candidats à la présidentielle de 2017, dont les prétendants à droite, notamment Nicolas Sarkozy et Alain Juppé et, fait plus rare, la dirigeante du Front national Marine Le Pen.

«Je suis très heureux, ému et fier que la dignité ait été au rendez-vous», s'est réjoui le patron de la droite locale, Christian Estrosi, qui avait donné consigne à ses troupes de ne pas polémiquer.

Séance de rétropédalage

Reste qu'en dehors du quartier bouclé pour cette cérémonie, des Niçois ont fait entendre leur douleur et leur colère. «Le bla-bla ne va pas ramener les morts», commentait une Franco-Tunisienne rescapée du carnage. «Se redorer le blason sur un morceau de cadavre, c'est pas mal», ironisait un sexagénaire en accusant les élus présents «d'aller à la pêche aux voix».

François Hollande, toujours au plus bas dans les sondages, a d'ailleurs profité de son discours pour tenter de rattraper une partie des dommages causés cette semaine par la publication de «Un président ne devrait pas dire ça...», un livre de confidences qui a suscité la polémique dans l'Hexagone notamment auprès des juges.

Il a rendu samedi à Nice un hommage appuyé aux magistrats intervenus le soir du drame sur la Promenade des Anglais.

Nouvelles interpellations

Le 14 juillet, 86 personnes - dont une femme d'Yverdon-les-Bains (VD) et sa fillette ainsi qu'une Tessinoise - ont été fauchées lors du feu d'artifice par le poids lourd conduit par un Tunisien radicalisé, âgé de 31 ans. «Ce devait être une joie, ce fut un enfer», a dit M. Hollande. «En quatre minutes, le poids lourd a transformé la promenade en un cimetière.» Plus de 400 personnes ont également été blessées dans cet attentat revendiqué plus tard par le groupe Etat islamique (EI).

La France n'en a d'ailleurs pas fini avec le terrorisme. Un jeune homme de 21 ans et sa petite amie de 17 ans ont été inculpés à Paris et écroués, a-t-on appris samedi de source judiciaire. Ils sont soupçonnés de vouloir commettre un attentat en France. Le couple a été interpellé mardi dernier à Noisy-le-Sec, en banlieue parisienne. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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