Genève: Cette gourde intelligente lutte contre le plastique
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GenèveCette gourde intelligente lutte contre le plastique

Une invention genevoise propose de financer la collecte de plastique échoué sur les plages en buvant simplement de l'eau.

par
lfe
REBO

«Nettoyer la planète au fur et à mesure que vous buvez.» C'est la promesse faite par Rebo, une gourde genevoise. Créée par deux amis, PierAndrea et Eduardo, elle ressemble à une bouteille connectée comme il en existe d'autres, mesurant le taux d'hydratation de son propriétaire, lui envoyant même des alertes s'il oublie de s'abreuver. Mais son vrai but est ailleurs. A chaque litre bu avec sa gourde, l'utilisateur sponsorise, via la blockchain, la collecte d'une bouteille plastique échouée sur une plage d'Indonésie, d'Haïti, du Brésil ou des Philippines.

Aider en buvant

Il ne dépense pourtant que les 107 francs que coûte la gourde. «Nous investissons une partie de nos ventes dans les actions de ramassage, explique PierAndrea, qui a quitté son travail dans le marketing pour développer Rebo. Les grandes entreprises qui achètent la gourde à leurs employés sponsorisent aussi des collectes à large échelle. L'argent est débloqué au fur et à mesure des litres bus.» Le consommateur «aide en s'hydratant. Un million de bouteilles d'eau sont achetées et jetées chaque minute dans le monde, s'inquiète Eduardo. Elles finissent bien souvent dans les mers, où d'ici à 2050, si on ne fait rien, il y aura plus de plastique que de poissons!»

Triche impossible

La blockchain fonctionne comme garantie. Un concept d'apparence compliqué, simplement résumé par PierAndrea. «C'est une énorme feuille Excel qui peut être visualisée par tout le monde, utilisée par certains et modifiée par personne, résume le fondateur de Rebo. Les litres bus s'inscrivent, personne ne peut les truquer. A nous de les convertir en bouteilles collectées.» Un genre de mémo intouchable. Impossible également de tricher. «Le bouchon est équipé d'un capteur qui transmet à une appli la quantité bue. Il reconnaît les comportements humains, se réjouit PierAndrea. Si vous la videz dans l'évier, ça ne compte pas.»

Petites mais parfois efficaces

La multiplication des petites initiatives est un phénomène positif pour le WWF, fondation qui lutte pour la nature à l'échelle mondiale. "De manière générale, et pour autant qu'elles soient sérieuses et crédibles, nous trouvons positifs que de nombreuses initiatives afin de protéger notre environnement voient le jour, indique Pierrette Rey, porte-parole du WWF Suisse. Nous ne considérons pas que ce développement est problématique, pour autant, une fois encore, que les initiatives soient sérieuses et ne cherchent pas simplement à réaliser des bénéfices financiers."

Ramasseurs locaux formés et payés

La gourde Rebo, financée par près de 1300 personnes via une campagne de crowdfunding, veut débarrasser les plages des bouteilles plastiques. C'est l'entreprise sociale (ndlr: dont le chiffre d'affaires est principalement réinvesti sur le terrain) Plastic Bank qui se chargera de faire le lien entre buveurs de gourdes et collectes. Elle possède un réseau de ramasseurs en Haïti, aux Philippines, au Brésil et en Indonésie, formés et payés 3 à 5 fois le salaire moyen dans leurs pays pour récolter les bouteilles. Pour l'heure, ils ont ramassé l'équivalent de 500 milliards de pailles.

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