Bellinzone (TI): «Cette histoire est aussi un drame pour moi»
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Bellinzone (TI)«Cette histoire est aussi un drame pour moi»

Un ballon à gaz s'est écrasé en 2011 parce que la bulle de tissu a éclaté. Une personne était décédée. Le pilote de l'aéronef comparaît depuis jeudi devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone.

par
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La victime, âgée de 66 ans, est décédée sur le chemin de l'hôpital.

La victime, âgée de 66 ans, est décédée sur le chemin de l'hôpital.

photo: Keystone

Silvan, 73 ans, n'est plus le même homme depuis le tragique accident de ballon à gaz qui a coûté la vie à un de ses amis, le 25 juin 2011, écrit vendredi «Blick». Le septuagénaire, qui était aux commandes du ballon, se dit anéanti. «Je dors à peine. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans l'aide de ma femme», a raconté jeudi le Zougois aux juges du Tribunal pénal fédéral à Bellinzone (TI).

Accusé d'homicide par négligence, Silvan a expliqué: «J'ai déjà perdu un ami. Et maintenant on me dit que je suis responsable de sa mort. C'est absurde. C'est aussi un drame pour moi.»

Le fameux jour, Silvan et deux de ses amis sont montés à bord d'un ballon à gaz. Ils avaient prévu de rejoindre Venise en passant au-dessus des Alpes. Mais après une petite heure de vol, le ballon a éclaté à 2400 mètres d'altitude. La nacelle s'est finalement écrasée sur un tronc d'arbre. Blessés, les trois hommes ont été emmenés à l'hôpital. Mais Leo, 66 ans, n'a pas survécu au trajet.

Le Ministère public est convaincu que la faute revient à Silvan. En montant, il aurait dû ouvrir la valve de sécurité pour empêcher que le ballon n'éclate. Chose qu'il n'a pas faite. Le septuagénaire n'aurait par ailleurs pas largué assez de poids. Conséquence: l'aérostat s'est écrasé trop vite. Le Ministère public a demandé une peine pécuniaire de 360 jours-amende à 170 francs.

«Le ballon a éclaté parce que le ballon et l'un des câbles étaient fissurés», s'est défendu l'accusé, qui a 35 ans d'expérience en tant que pilote de montgolfière: «J'ai effectué plus de 600 vols et j'ai traversé 42 fois les Alpes, je sais de quoi je parle.»

Son avocat Christoph Hohler a vivement critiqué l'enquête menée par le Ministère public qui, selon lui, ne s'y connaît pas du tout en ballons et montgolfières.

Le verdict devrait tomber ce vendredi.

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